ÉLOGE DE BERNOULLI. 33 y
La flexion <le la chaîne et de la voile en chaque point dépendde la position de chaque petit côté de la courbe : il fallait donctrouver une équation ou formule qui déterminât cette position.La géométrie des infinimens petits, peu connue alors, étaitseule capable d’y atteindre; mais un instrument si nécessaireeut encore été inutile au grand nombre ; il demandait une rnaiuhabile pour être employé avec succès; et d’ailleurs Bernoulli nedevait en quelque sorte qu’à lui-même l’avantage de le posséder ;car il avait trop contribué par ses travaux à perfectionner cettegéométrie naissante, pour n’être pas mis au nombre de ceux quil’avaient créée.
Peu de temps après, il résolut un autre problème, dont ilavoue qu’il avait été occupé pendant cinq ans ; c’est celui du pluscourt crépuscule. On sait que le crépuscule, quelle qu’en soitla cause, commence le matin et finit le soir, quand le soleil està 18 degrés au-dessous de l’horizon, c’est-à-dire, quand la por-tion du cercle vertical comprise entre l’horizon et le soleil cachéau-dessus, est un arc de 18 degrés; le crépuscule doit donc du-rer autant de temps que le soleil en met à descendre de 18 de-grés au-dessus de l’horizon. Or cet astre ne décrit pas tous lesjours le même cercle par rapport à nous , puisqu’il est tantôt plusprès de notre zénith et tantôt plus loin. Il est donc chaque jourplus ou moins de temps à parcourir ces 18 degrés : la difficultéconsiste à trouver le jour de l’année où ce temps est le plus petitqu’il est possible ; et Bernoulli donne pour cela une règle fortsimple: mais il ne nous apprend ni le chemin qu’il a suivi pourla découvrir, ni les difficultés qui l’avaient arrêté si long-temps.Elles étaient vraisemblablement les mêmes que Maupertuis asu le premier apercevoir et résoudre dans son Astronomie nau-tique.
Bernoulli publia vers le même temps une espèce de thèse surla logique, que nous croyons pouvoir proposer comme un mo-dèle des ouvrages de cette espèce. La logique n’y paraît pointsous la forme barbare dont les philosophes de l’école l’avaientdéfigurée. Elle est réduite à ce qu’elle a de nécessaire, c’est-à-dire, à peu de préceptes, et la plujiart sont appuyés par desexemples tires de la géométrie. On peut en effet regarder cettelernière science comme une logique pratique, parce que les vé-rités dont elle s’occupe, étant les plus simples et les plus sensi->ea e toutes, sont par cette raison les plus susceptibles d’uneapp ication facile et palpable des règles du raisonnement.
ette thèse fut suivie d’une dissertation sur le mouvementt es muscles, que Bernoulli composa pour recevoir le doctoraten me ecine ; car il étudiait aussi cette dernière science , et ses