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Tome troisième.
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338 NOTES SUR L’ÉLOGE DE MONGIN.

Mai* ces sujet* demanderaient à être traités par une main tout à la foissûre et délicate, dont la touche profonde et légère en même temps, sûtconcilier ce qu’on peut penser avec ce qu'on doit croire, et satisfaire àla fois les philosophes sévères et les théologiens éclairés.

ÉLOGE DE BERNOULLI 1 .

Bernoulli ne m’était connu que par ses-ouvrages ; je leurdois presque entièrement le peu de progrès que j’ai fait en géo-métrie, et la reconnaissance exige de moi l’hommage que jevais rendre à s» ipémoire. N’ayant eu avec lui aucune espècede commerce, j’ignore les détails peu intéressans de sa vie pri-vée. Je commence sa vie où commence sa réputation, et souhistoire n’y perdra que peu d’années. Je dis son histoire, car jela promets encore plus que son éloge; on ne peint point leshommes quand on les peint sans faiblesse ; ôter au vrai méritequelques taches légères, c’est peut-être lui faire tort, et c’estsûrement en faire à la vérité. Ainsi dans l’abrégé que je vaisdonner de la vie de Bernoulli, c’est-à-dire de ses travaux,l’homme illustre se fera souvent admirer, l’homme s’y montreraquelquefois.

Bernoulli annonça, dans une très-grande jeunesse , ce qu’il de-vait être un jour, par une dissertation sur l’effervescence et lafermentation, qu’il publia et qu’il soutint en forme de thèse.Bientôt après il se fit connaître aux géomètres, par le fameuxproblème de la chaînette, agité depuis long-temps parmi eux,et que le célèbre Galilée avait essayé de résoudre. Ce problèmeconsiste à trouver la courbure que prend une chaîne considéréecomme un fil parfaitement flexible, chargé d’une infinité depetits poids, et suspendu dans un plan vertical par ses deux ex-trémités. Bernoulli détermina cette courbe, et trouva qu’elleétait du nombre de celles que les géomètres ont nomméescourbes mécaniques, c’est-à-dire , qui ne peuvent être représen-tées par une équation finie. Il démontra, peu de temps après,que la courbure d’une voile enflée par le vent était la même quecelle de la chaînette, et,résolut ainsi deux problèmes très—difli—ciles au lieu d’un.

1 Professeur (le mathématiques à Bâle, et membre des Académies royalesdes sciences de France, d’Angleterre, de Prusse, de Russie, etc., né le 7 août16G7, mort le i' T . janvier 1748.