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ELOGE
a accorder souvent de pareilles distinctions ; la mémoire d’un sigrand homme méritait c'et hommage de la part d’un corps oh ilcomptait des amis et des élèves illustres. Le recueil des œuvresde Bernoulli est déclié au monarque , protecteur de cette aca-démie célèbre , et si elles méritaient de paraître sous les auspicesd’un prince philosophe, osons dire à la gloire des lettres, et plusencore à celle du prince, qu’il était digne de voir son nom à latête de cet immortel ouvrage.
ELOGE DE GIRARD \
modeste académicien a si bien caché sa vie , que nous en
ignorons presque toutes les circonstances. Deux ouvrages sur lalangue française en sont à peu près tous les événemens.
Le premier 1 a pour titre : Synonymes français , leurs diffé-rentes significations, et le choix qu’il en faut faire pour parleravec justesse (i). On peut donner dans une langue le nom desynonymes , ou à des mots qui ont absolument et rigoureuse-ment le même sens, et qui peuvent, eu toute occasion, êtresubstitués indifféremment l’un à l’autre ; ou à des mots qui pré-sentent la même idée avec de légères variétés qui la modifient,de manière qu’il soit permis d’employer l’un de ces mots à laplace de l’autre , dans les occasions oh l’on n’aura pas besoin defaire sentir ces légères variétés. Ce serait peut-être un défautdans une langue , ce serait du moins une richesse très-pauvre,que d’abonder en synonymes du premier genre, en syno-nymes rigoureux ; mais ce serait une triste indigence que demanquer de synonymes de la seconde espèce, de synonymesapprochés. Une langue dénuée de tels synonymes serait né-cessairement pauvre et sans aucune finesse. En effet, ce quiconstitue deux ou plusieurs mots synonymes , c’est d’abordun sens général qui est commun à ces mots; et ce qui fait en-suite que ces mots ne sont pas toujours synonymes, ce sontdes nuances, souvent délicates, et quelquefois presque im-perceptibles, qui modifient ce sens primitif et général. Ainsitoutes les fois que par la nature du sujet qu’on traite, on n’apoint à exprimer ces nuances , et qu’on n’a besoin que du sensgénéral, chacun des synonymes peut être indifféremment mis.
' Gabriel Girard, interprète du roi, reçu le a<) décembre tç > ■* la placede Charles d’Orléans de Itoihclin ; mort le \ février 17(8.
’ La première editiou est de 1718,