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Tome troisième.
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DE TERRASSON. 3 77

rait manquer de l’être, quand avec de l’esprit et des talens, oun’a jamais nui à l’amour-propre , ni à l’avidité des autres.

Quelques anecdotes recueillies sur Jean-Baptiste Terrasson.

Il essuya un jour beaucoup d’injures de la part d’un enthou-siaste d’Homère : Voilà, répondit-il, bien du zèle en pure perte;je présume que de son vivant Homère 710ns en aurait dispensé.

Quand on le plaisantait quelquefois un peu vivement sur sanaïveté et son ignorance des choses du monde : Il n’y a pas demal à cela, disait-il ; je consens que justice se fasse.

Enrichi par le système de Law , il avait pris carrosse , rien nelui était plus pénible surtout que de payer la nourriture des che-vaux. Quand son cocher lui comptait la paille, etc. , il trouvaitque cela allait très-vite ; en conséquence il demandait à madamede Lassay , si les chevaux mangeaient pendant la nuit. Cettedame disait de cette naïveté si plaisante : Il n’y a qu’un hommede beaucoup d’esprit qui puisse être d’une pareille imbécillité.

Ruiné par le même système , après s’être vu un moment très-riche : Me 7 ioilà tiré dé affaire, écrivait-il à un ami ; je revivraide peu ; cela me sera plus commode.

Son père, homme très-religieux, avait eu quatre fils , qu’ildestina tous à entrer dans l’Oratoire, et qui en effet y étaienttous quatre à sa mort. Il avait formé le projet , disait l’abbéTerrasson, à’accélérer, par dévotion, la fn du monde autantqu’il dépendait de lui.

Il sortit un jour à moitié habillé par distraction ; son ajuste-ment ameuta et lit rire le peuple : Je viens , dit-il, de donner àlu populace du quartier un petit amusement qui ne lui a riencoété, ni à moi non plus. •

Sur la liu de sa vie, il perdit absolument la mémoire; quandon lui faisait quelque question : Demandez , répondit-il, à ma-demoiselle Luquet, ma gouvernante. Le prêtre qui le confessadans sa dernière maladie , et qui l’interrogeait sur les péchésqu il avait pu commettre , ne tira pas de lui d’autre réponse :Demandez à mademoiselle Luquet.

Dans le temps du système , il comparait beaucoup trop légè-lement les actionnaires du Mississipi aux premiers chrétiens: Lafoi, disait-il, a été bien nécessaire aux uns et aux autres.

Il appliquait assez plaisamment à un homme du peuple de lalue Qnincampoix , qui prêtait son dos pour la signature desn ets de banque, ce passage d’un psaume : Supra dorsum meumfa >rii avenmt peccalores (Les pécheurs ont fabriqué sur mon

dos leurs iniquités).