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Tome troisième.
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Parler beaucoup et bien, disait-il, est d’un bel esprit ; peu etbien, d’un sage; beaucoup et mal, d’un fat; peu et mal, d’un sot.

Il a mis en vers français le vers technique si connu :

Quis, tjuid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando?

Qui, quoi, pourquoi, comment, où, quand, et par quelle aide?

On assure, malheureusement pour lui, que ce vers lui paraissaitaussi bon qu’un autre.

Dans un ouvrage posthume de cet académicien, qui consisteen plusieurs pensées détachées sur différents objets de philo-sophie , de morale et de littérature , on trouve celle-ci , parlaquelle vraisemblablement il a voulu peindre et justifier à lafois le caractère et la manière d’être qu’on lui a connus. Le ri-dicule de simplicité est un mérite, en comparaison du ridiculed’affectation.

Il disait de ces gens du monde, prétendus amateurs et con-naisseurs , qui prononcent à tort et à travers sur le mérite desouvrages : Quand ils veulent faire notre métier, juger le fonddes choses, je tîiche de me distraire au lieu de les écouter, carils me feraient perdre patience. Plus, d’un sage a pris souventce parti-là , en assistant à de pareilles décisions.

Bien éloigné de l’enthousiasme ordinaire des traducteurs, sonprincipal objet, dans la traduction qu’il publia de l’historienDiodore, était de rendre, disait-il , le texte de l’écrivain danstoute sa turpitude; c’est-à-dire, avec les contes absurdes dontil a bercé ses lecteurs. L’abbé Terrasson en lisait un jour deséchantillons à quelques philosophes de ses amis ; on riait ou onlevait les épaules : Bon, bon, répondit-il, vous verrez bienautre chose.

La plaisanterie sur le texte de Diodore en rappelle une autredu même genre , qu’il fit sur une histoire de l’Ancien Testament,exactement écrite d’après la Bible par un janséniste scrupuleux,qui aurait regardé comme un sacrilège d’adoucir par l’expres-sion , certains traits contraires à nos mœurs , et racontés parl’historien sacré avec une naïveté qui ne convient ni à notrelangue ni à nos usages. Les jansénistes, disait-il, par le res-pect qu’ils portent à la Bible , doivent être fort conlens de leurconfrère ; il a conservé dans toute sa pureté le scandale dutexte. Ce discours n’était pas, dans la bouche de notre académi-cien , une réflexion irréligieuse ; c’était une critique ingénieuseet fine de l’opinion dangereuse des jansénistes , qui veulent qu’onfasse lire la Bible au peuple même le plus grossier, sans discer-nement, sans précaution , et sans cacher à ses faibles yeux lesendroits qui peuvent scandaliser son ignorance.