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Tome troisième.
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DE DESTOUCHES. 4 °f)

glelerre en 1717 avec l’abbé Dubois, depuis cardinal et ministre;il fut six ans à Londres , où , après la fortune inouie de l’abbéDubois, il resta seul chargé des affaires de France ( 5 ). U sonétait si bien acquitté, qu’à son relour le régent le combla d’é-loges en présence de toute la cour, et lui promit, ce furent sespropres termes , de lui donner des preuves de sa satisfaction,qui l’étonneraient lui-méme ainsi que le royaume. Ce prince ,qui, avec des mœurs et des principes peu sévères , avait dans 1 es-prit autant de justesse que d’élévation, était bien éloigné desouscrire à l’apophtliegme si souvent répété par la sottise puis-sante , que le talent des affaires est incompatible avec celuid’homme de lettres ; il avait la simplicité de croire que l’espritétait bon à tout, et que peut-être il ne fallait pas plus de géniepour réussir dans une négociation, où l’on est souvent aidé parles circonstances, que pour faire un bon ouvrage , où le talent11e doit ses succès qu’à lui seul : il venait d’être témoin qu unpoète anglais, le célèbre Prior, avait, par les plus sages moyens,préparé cette paix d’Utrecht si désirée des peuples , et si long-temps retardée par les manœuvres ou l’ineptie des politiques; ilsavait que François I er , depuis qu’il avait pris la résolution sidigne de lui , d’employer pour ses ministres dans les coursétrangères , des hommes savans et éclairés, avait conduit ses af-faires avec beaucoup plus de sagesse que dans les premières an-nées de son règne , où il choisissait pour ambassadeurs les com-pagnons de ses plaisirs. Enfin M. le duc d’Orléans, justifiéd’avance par les premiers succès de Destouches, avait peut-êtrepensé que cet observateur philosophe, long-temps occupé àpeindre sur la scène l’espèce humaine, et obligé , pour la véritéde ses tableaux , d’étudier assidûment les hommes , en devaitêtre plus propre à un état où la connaissance des hommes est laqualité la plus indispensable. Destouches, plus content encored’avoir bien servi sa patrie, que flatté de la bonne opinion diprince, attendit paisiblement l’effet de ses promesses, sans riei.faire pour l’accélérer ; mais ses espérances, s’il en avait eu , s’é-vanouirent par la mort du régent, qui arriva peu de temps après.Il vit disparaître sans regret toutes les apparences d’une fortunequ’il avait si bien méritée. Il trouva, non pas une consolation,il n’en avait aucun besoin , mais un dédommagement bien.con-forme à son goût, dans la pratique d’une philosophie dont lesentiment lui était naturel, et ne l’avait jamais abandonné aumilieu du tourbillon des affaires et des séductions de la faveur.Il acheta auprès de Melun une petite terre, où il vécut si tran-quille et si heureux, que le gouvernement l’en ayant voulu tirerpour 1 envoyer à Pétersbourg, avec le titre honorable de ministre