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Tome troisième.
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43 a NOTES SUR L’ÉLOGE

» raient les conseils d'un père à son fils, tant sur ses mœurs que sur sa» religion ; ce qui dément entièrement sa prétendue escapade de la» maison paternelle. 11 finit ses études à dix-neuf ans ; à vingt, un de» ses compatriotes, capitaine dans un régiment d’infanterie, nommé» M. de Fritzlar, le détermina à venir avec lui faire quelques campagnes» en qualité de volontaire. 11 en fit deux en 1701 et 1702. Je lui ai en-» tendu souvent répéter qu'il se trouva dans cette dernière, au fameux» siège de Landau, soutenu avec tant de vigueur, pendant quatre mois,» par M. de Mélac. La compagnie où il servait fut détruite à la défense» d'un ouvrage avancé, où il fut enterré jusqu’à la ceinture par le jeu» d’une mine des ennemis. Le capitaine en revint lui cinquième. De là» le régiment vint rejoindre l’armée. Il se trouva à la bataille de Fride-» linghen, que gagna M. de Yillars. Mon père y fut blessé légèrement.» Le régiment vint en quartier d’hiver à Huningue.^Ce fut là le terme» de ses exploits militaires. Comme il employait les intervalles de son» service à satisfaire une passion toujours dominante, celle de faire des» vers, il trouva dans la lecture de Don Quichotte un sujet qui lui plut,» et qui développa son talent pour la comédie. La nouvelle du Curieux» impertinent lui fournit la matière d’un ouvrage de ce genre. Après» l’avoir faite, il la lut dans quelques sociétés de la ville. Cela fil du» bruit, e. parvint jusqu’à madame la marquise de Tibergeau, sœur de» M. le marquis de Puisieux, alors notre ambassadeur en Suisse,a femme d’un espritrare et d’un goùtsùr. Elle accueillit le jeune auteur,» l’encouragea, lui donna de bons conseils, d’après lesquels il refondit» presque tout son ouvrage. Quand il fut au point qu’elle désirait, elle» voulut en amuser M, l’ambassadeur dans une fête. Elle fit distribuer» et apprendre les rôles dans la maison, se chargea elle-même du rôle» principal, et mon père joua le Curieux impertinent. Cela eut le plus» grand succès vis-à-vis de M. l’ambassadeur et de toute la ville. Un» petit prologue prononcé par l’auteur avant la représentation plut» beaucoup par la finesse de l’encens qui y était distribué. Voilà, mon-» sieur, la seule troupe de comédiens dont mon père ait été le direc->» leur. »

Mon intention n’est pas de contredire ce récit sur aucun de ses points.Mais pour exposer avec franchise et naïveté tout ce que j’ai appris surDestouches depuis l’impression de son éloge, je joindrai ici les anec-dotes que m’a apprises à son sujet mademoiselle Quinaull la cadette,qui avait vécu dans la société intime de cet académicien, et qui in’a plu-sieurs fois attesté la vérité des faits que j’avais entendu raconter d’aprèselle.

Destouches avait un père béaucoup plus vertueux qu’opulent, qui nepensant point d’abord à le faire étudier, s’y détermina sur les assurancesque plusieurs personnes éclairées lui donnèrent des grandes dispositionsde son fils. Il l’envoya à Paris pour y achever ses études; le jeune hommedemeurait chez un libraire, dont il a parlé jusqu’à la fin de sa vie avecla plus tendre reconnaissance. Pour s’acquitter de son mieux envers son