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y lit que Grégoire VII, celui qui a le premier levé l’étendard dela rébellion contre les rois , se repentit en mourant de cette usur-pation , et en demanda pardon à son prince et à toute l’Église ;que Ferdinand , si mal à propos nommé le pieux et si digne dunom de traître , enleva la Navarre à la maison de France , surune simple bulle du pape Jciles II ; que la cour de Rome , si onen croit nos jurisconsultes , a évité pour celte raison , autantqu’elle l’a pu , de donner à nos rois le titrede rois de Navarre ,omission , au reste, peu importante en elle-même , et que nosroisont sans doute regardée comme indifférente à leur grandeur,le nom de rois de France étant le plus beau qu’ils puissent por-ter. Enfin du Marsais ajoute que les bulles de Sixte Y et deGrégoire XIV contre Henri IY furent un des plus grands obsta-cles que trouva ce prince pour remonter sur le trône de ses pères.Il fait voir encore, ce qui n’est pas difficile, que l’absolution,réelle ou supposée , donnée à la nation française par le papeZacharie , du serment de fidélité qu’elle avait fait aux descendansde Clovis, ne dispensait point la nation de ce serment : d’où ils’ensuit que la race de Hugues Capet a pu légitimement recevoirde cette même nation une couronne que la race de Charlemagneavait enlevée aux héritiers légitimes.
Non-seulement, ajoute l’auteur, les papes n’ont aucun pou-voir sur les Empires , ils ne peuvent même , sans la permissiondes princes, rien recevoir des sujets, à quelque litre que cepuisse être. Jean XXII ayant entrepris de faire une levée d’ar-gent sur notre clergé , Charles le Bel s’y opposa d’abord avecvigueur ; mais ensuite le pape lui ayant donné la dîme des églisespendant deux ans , le roi, pour reconnaître cette condescendancepar une autre, lui permit de lever l’argent qu’il voulait. Leschroniquesde Saint-Denis, citées par du Marsais , racontent cetteconvention avec la simplicité de ces lemps-là : « Le roi, disent-« elles , considérant donnes-m’en , je t’en donnerai, octroya au» pape de lever ; ainsi, sainte Eglise , quand l’un lui toile, l’autre« l'écorche. »
L’auteur prouve avec la même facilité , par le raisonnementet par l’histoire , les maximes qui ont rapport à la juridictionecclésiastique des évêques, et qui font une partie si essentiellede nos libertés. Selon l’aveu d’un des plus saints pontifes de l’an-cienne Église, les évêques ne tiennent pas leur autorité du pape,mais de Dieu même : ils n’ont donc pas besoin de recourir ausaint-siège pour condamner des erreurs , ni, à plus forte raison ,pour des points de discipline. Ils ont droit de juger avant le papeet après le pape; ce n’a été qu’à l’occasion de l’affaire de Jansé-nius, en i65o, qu’ils se sont adressés à Rome, avant que de