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Tome troisième.
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DE DU MARS AÏS. ' 485

prononcer eux-mêmes. L’usage des appellations au pape n’ajamais été reçu en Orient, et ne l’a été que fort tard en Occi-dent. L’évêque de Rome n’ayant de juridiction immédiate quedans son diocèse, ne peut excommunier ni nos rois ni leurs sujets,ni mettre le royaume en interdit. C’est par les empereurs, etnon par d’autres, que les premiers conciles généraux ont étéconvoqués ; et le pape même n’y a pas toujours assisté , soit enpersonne , soitpar ses légats. Ces conciles ont besoin d’être auto-risés, non par l’approbation du pape , mais par la puissance sé-culière , pour faire exécuter leurs lois. Enfin c’est aux rois àconvoquer les conciles de leur nation et à les dissoudre.

Il faut, au reste , comme du Marsais l’observe après plusieursécrivains , distinguer avec soin la cour de Rome , le pape et lesaint-siège; on doit toujours conserver l’unité avec celui-ci,quoiqu’on puisse désapprouver les sentimens du pape et l’ambi-tion delà cour de Rome. Il est triste, ajoute-t-il , qu’en Francemême on n’ait pas toujours su faire cette distinction si essentielle,et que plusieurs ecclésiastiques , et surtout certains ordres reli-gieux , soient encore secrètement attachés parmi nous aux sen-timens ultramontains, qui ne sont pas même regardés commede foi dans les pays d’inquisition.

Du Marsais dit à la fin de son livre , qu’il avait eu dessein d’yjoindre une dissertation historique qui exposât par quels degrésles papes sont devenus souverains. Cette matière , aussi curieuseque délicate , était bien digne d’être traitée par un philosophe quisans doute aurait sû se garantir également du fiel et de la fiat—teriç ; en avouant le mal que quelques papes ont fait pour devenirprinces, il n’aurait pas laissé ignorer le bien que plusieurs ontfait après qu’ils le sont devenus : aux entraves funestes que laphilosophie a reçues par quelques constitutions apostoliques, ileût opposé la renaissance des arts en Europe, presque uniquementdue à la magnificence et au goût des souverains pontifes. Il n’eûtpas manqué d’observerqu’aucune liste de monarques ne présente,à nombre égal, autant d’hommes dignes de l’attention de la pos-térité. Enfin il se fût conformé sur cette matière à la manière depenser du public, qui, malgré sa malignité naturelle, est au-jourd’hui trop éclairé sur la religion , pour faire servir d’argu-mens contre elle les scandales donnés par quelques chefs de l’E-glise. L’indifférence avec laquelle on recevrait maintenant parminous une satire des papes, est une suite heureuse et nécessairedes progrès de la philosophie dans ce siècle.

Nous savons et nous l’apprenons avec regret au public , quedu Marsais se proposait encore de joindre à son ouvrage l’examenimpartial et pacifique d’une querelle imjKjrtanle, qui tient de