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Tome troisième.
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DE BOISSY.

de la Métromanie et du Méchant , au moins dans le très-petitnombre des vraies comédies , devenues si rares au Théâtre-Fran-çais depuis trente années, et dont le moule semble être brisé denos jours. La stérilité ou la paresse des auteurs trouve un succès,moins flatteur à la vérité , mais plus sûr et plus facile, dans cequ’on appelle le tragique bourgeois ; ils consentent à recueillirmoins de gloire en s’exposant à moins de dangers. Boissj, quel-que besoin qu’il eût de réussir et d’en saisir tous les moyens,semble avoir dédaigné de recourir à cette ressource. S’il n’a pastoujours fait rire sur la scène comique, il se félicitait au moinsde n’y avoir jamais fait pleurer, tant il était convaincu que lacomédie doit être la peinture gaie et non pas affligeante de lanature et de la vie humaine. Mais ayant trop peu vécu dans lemonde pour le connaître , et trop peu étudié les hommes pourles avoir bien vus, il a peint les hommes d’une touche plus lé-gère que mâle, et plus facile que vigoureuse. Aussi trouve-t-ondans ses pièces plus de détails que de grands effets, plus de ti-rades que de scènes, et plus de portraits que de caractères. Laseule comédie des Dehors trompeurs annonce un peintre plusobservateur et plus profond ; elle parut même si supérieure àses autres pièces, que l’envie voulut la" lui ravir, et prétendit quele sujet et le plan lui en avaient été donnés. Mais ce sujet et ceplan n’ayant été réclamés par personne, il est juste de lui enlaisser l’honneur; et parce qu’il lui est arrivé de faire , en cetteseule occasion, plus de dépense que la modicité de son fondsne semblait le lui permettre, on ne doit pas l’accuser pourcela de s’être approprié le bien des autres. Ce n’est pas la pre-mière fois qu’on a tâché d’enlever à des écrivains estimables,des productions , dont les auteurs prétendus se seraient bientôtmontrés , s’ils en eussent été les véritables pères. Il est bien rareet bien difficile que la vanité soit assez généreuse pour renoncergratuitement à la jouissance personnelle de ses productions, etpour en faire le sacrifice à l’amitié même , qui ne reçoit guèrede sa part que des présens très-modiques.

Cependant celte comédie des Dehors trompeurs , malgré sonsuccès et son mérite , eut uu adversaire dont le nom était faitpour en imposer à la multitude , c’était le poète J. B. Rous-seau , que nous avons déjà vu si déclaré contre le Glorieux '.Exilé depuis long - temps de sa patrie , mécontent de lui - mêmeet des autres, jaloux des succès qu’il ne partageait pas, il nelouait guère que ce qu’il avait intérêt de louer, et déchiraittout le reste. Cet auteur, constamment réprouvé au théâtre, qu’ilavait d’ailleurs perdu de vue depuis long-temps , et dont il ne

‘ Voyez l'elogc de Destouches.