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Tome troisième.
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ÉLOGE

qui, comme les jause'nistes, veulent être à toute force enfans del’Église romaine, doivent être réunis avec elle dans la mêmecroyance , et qu’il faut renoncer à la qualité de catholique , sil’on se permet de rejeter, par quelque raison que ce puisse être,ce que les juges nés du catholicisme, le pape et les évêques, ontévidemment décidé ; mais plus il croyait la soumission nécessaire,plus il était convaincu que la violence n’était pas le moyen del’obtenir. Il se conduisit d’après cette sage maxime , dès qu’ilfut nommé à l’évêché de Rennes ; car tandis que cette bulle ,qu’il acceptait et prolégait, mettait le feu dans vingt autres dio-cèses , il sut maintenir le sien en paix , et conserver le dépôt deJa doctrine sans persécuter ceux qui voulaient l’altérer ; il futferme sans intolérance , vigilant sans rigorisme, et détruisit plusde jansénistes en paraissant ignorer leur existence, que ses zélésconfrères n’en convertissaient par les lettres de cachet le plus li-béralement multipliées.

Mais ce qui nous intéresse bien davantage , c’est qu’il eut anplus haut degré la première des vertus d’un évêque , celle quiJe ferait presque dispenser de toutes les autres , ou lui ferait aumoins pardonner de ne les pas avoir , la bienfaisance et la cha-nté. Il versa les plus abondantes aumônes dans le sein despauvres de son diosèce ; il leur prodigua les secours dans lestemps de calamité et de disette ; et ce qui reste aujourd’hui deces infortunés, verse encore des larmes en prononçant son nom.Les plus respectables qualités des hommes sont celles que cé-lèbre la bouche des malheureux ; et il n’y eut peut-être jamaisd’éloge funèbre comparable à celui que firent de Louis XII lescrieurs publics, en allant le long des rues, et eu répétant àchaque pas : Le bon roi Louis, père du peuple , est mort.

L’évêque de Rennes joignait à ses bonnes œuvres le mérite deles cacher, mais de les cacher sincèrement et de bonne foi. Il neressemblait pas à ces bienfaiteurs hypocrites, qui, voulant avoirà la fois le mérite de la charité et celui de la modestie, n'affec-tent de taire leurs aumônes de projet et de commande, que pourse procurer plus de moyens de les divulguer à petit bruit ; non-seulement. l’évêque de Rennes faisait les siennes, il savait très-mauvais gré à ceux qui trahissaient son respectable secret ; etsa charité dédaignait toute autre récompense que celle qu’iltrouvait dans son cœur.

Il laissait pourtant voir ses actes de bienfaisance lorsqu’ilcroyait que l’exemple en serait utile aux prélats ses confrères. Hleur donnait surtout cet exemple dans ses visites diocésaines.Rien différent de quelques princes de l’Église , dont le passagedans les campagnes , ainsi que celui des princes temporels, les