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Tome troisième.
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tr ;4 ÉLOGE

du roi. La compagnie fut redevable de cet ordre au cardinal deFleury, qui, dans cette circonstance, crut avec raison s’honorerlui-même, eu prouvant aux académiciens ses confrères les justeségards qu’il avait pour eux (2). Ce n’est pas la seule preuve quece ministre leur en ait donnée ; il est à souhaiter, moins encorepour l’Académie que pour l’honneur des hommes en place dontelle inscrit les noms dans sa liste, qu’ils se fassent un devoir desuivre dans l’occasion ce digne exemple. Quoique les sociétéslittéraires doivent tirer leur principale considération d’elles-inêmes , et des qualités personnelles de ceux qui les composent,elles sont en droit d’exiger, comme une dette, cette considéra-tion extérieure que les gouvernemens sages ont toujours accor-dée à la partie de la nation faite pour éclairer l’autre : c’est enrespectant les lettres , en favorisant ceux qui s’y distinguent, enles vengeant de l’envie et de la satire, que les rois et les minis-tres apprendront à la multitude à connaître le prix des vertusréunies aux talens ; tous ceux qui ont le pouvoir en main nesauraient avoir trop présente cette maxime que Charles V, leplus sage de nos rois, avait sans cesse à la bouche dans un siècled’ignorance et de ténèbres : « Les clercs ou à sapience l’on ne» peut trop honorer, et tant que sapience sera honorée en ce» roiaume, il continuera à prospérité ; mais quand déboutée y» sera, il décherra. » Puisse la destinée de la France en écarterlong-temps un malheur si funeste pour elle, et si propre àdéshonorer le gouvernement qui l’aurait souffert ou préparé !

NOTES.

(1) Ce même poète Roi qui, en 1728 , déchirait l’Académie par d’in-fâmes satires, avait prononcé dans la séance publique du 25 août1715, une ode à la louange de celte compagnie. Il avait désiré vive-ment, et obtenu après bien des instances, la satisfaction de témoi-gner ainsi ses sentimens à la Compagnie dont, à la vérité , il n’étaitpas membre, mais qui venait de couronner un de ses ouvrages. Soncaractère et sa conduite lui ayant dans la suite fermé les portes decette société littéraire, qui d’ailleurs rendait justice à ses talens , ilchangea bientôt de manière de penser, on plutôt de parler, et seHatta sans doute , comme tous les satiriques de profession , que sessatires nouvelles feraient oublier ses bassesses anciennes.

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(2) Le cardinal de Fleury ( c’est une justicejque l’Académie lui doit,et qu’elle aime à lui rendre ) n’a jamais laissé échapper aucune occasionde donner à cette compagnie des marques de son attachement et de