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Tome troisième.
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D’AL ARY. 6 7 3

voix publique, peu sujette à se tromper en bien ou en mal surles souverains qui ne sont plus.

Non-seulement cette place était due au savoir de l’abbé Alary,c’était de plus une espèce de dédommagement ou de réparationque le régent, prince éclairé , et par conséquent juste, crut de-voir au mérite attaqué par la calomnie. Elle avait tâché de noircirl’abbé Alary auprès du prince; ce citoyen paisible, et qui neconnaissait que ses livres , fut accusé d’avoir eu part à uneintrigue qui éclata en 1718; le régent n’imita pas la crédu-lité odieuse, trop ordinaire à ses semblables en de pareillesoccasions; il permit à l’accusé de se défendre, et fut bientôt dé-trompé. « Vos ennemis, lui dit-il, nous ont servi l’un et l’autre ,» en me procurant l’occasion de vous connaître. » Le prince nese borna pas à ce témoignage, qui n’était après tout qu’un acterigoureux de justice ; il se crut obligé de punir la calomnie, etla punit de la manière la plus mortifiante pour elle, en confiantà celui qu’elle avait voulu perdre , une partie essentielle de l’é-ducation du roi. Si la calomnie se voyait toujours payée de lasorte , elle se dégoûterait peut-être à la fin de n’aiguiser sestraits que pour s’en percer elle-même ; supposé toutefois qu’ellesoit susceptible de dégoût, car elle ne plaint ni sa vigilance, nises efforts ; et pourvu qu’un seul mensonge lui réussisse , peu luiimporte qu’il y en ait cent de perdus.

L’abbé Alary éprouva cette active et détestable persévérance.Quoiqu’il eût condamné ses talens à un silence rigoureux, bienfait pour adoucir l’envie, son entrée dans le sanctuaire des Musesavait armé contre lui la jalousie de quelques gens de lettres quise croyaient beaucoup plus dignes de celte distinction. L’und’eux, connu par quelques succès au théâtre lyrique, mais plusdécrié encore par sa conduite et par ses satires, le poète Roi 1 ,exclu honteusement à la fois, et d’une compagnie de magistra-ture, et de l’Académie des belles-lettres dont il était membre ,s’indignait que l’Académie Française ne s’empressât pas à le re-cueillir, et lui préférât des concurrens honnêtes. Il fit contre lacompagnie un libelle oh plusieurs de ses membres étaient aussiindignement que grossièrement déchirés dans leurs talens etdans leurs personnes (t). L’abbé Alary, dont le satirique ne pou-vait décrier les ouvrages, fut attaqué sur ses mœurs avec l’im-pudence la plus atroce et la plus cynique. L’Académie , quiaurait gardé le silence sur une simple satire littéraire, ne crutpas devoif fermer les yeux sur un si cruel outrage fait à un con-frère irréprochable. Elle demanda et obtint une punition flétris-sante pour le calomniateur, qui fut mis à Saint-Lazare par ordre

' L oyez, sur le poète Roi, l’article de La Fayc.

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