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Tome troisième.
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676 ARTICLE

n’en doit pas être moins sensible à l’avantage rare dont elle ajoui, et que jusqu’à présent aucun corps littéraire n’a partagéavec elle , de voir au rang de ses académiciens ordinaires unprince de l’auguste sang de nos rois , un prince qui a bien vouluse soumettre à l’égalité académique, qui a paru même s’en ho-norer ; un prince enfin, qui, sachant oublier l’éclat de ses titres,par un motif dont la noblesse relevait encore ces titres même ,a consenti, ou plutôt désiré d’être regardé dans cette compagniecomme l’un de nous.

Ce fait, si glorieux pour les lettres , est raconté fort en détaildans la partie de 1 ’Histoire de l’Académie écrite par Duclos, etqu’il lut v il y a quelques années , dans une séance publique (i).Nous ne répéterons point ici le récit intéressant d’un événementsi mémorahle dans nos annales ; nous nous contenterons d’y ajou-ter quelques circonstances que Duclos a omises , et qui, tou-chant personnellement les gens de lettres, nous paraissent nedevoir pas être ignorées d’eux.

d'orsan et hœc olirn meminisse juvabit.

Ce souvenir un jour pourra nous consoler.

Nous disons consoler , car le temps n’est pas loin peut-être oùles lettres , en butte à tant d’ennemis , auront encore plus besoinde consolation que de gloire.

Lorsque le comte de Clermont, dans la séance où il vint prend repossession de sa place, reçut avec ses confrères les jetons quiétaient son droit de présence , il leur dit en propres termes etavec une honnêteté d’autant plus obligeante que l’expression enétait plus simple, « qu’il voudrait toujours porter sur lui un de» ces jetons d’une manière ostensible, comme la marque dis—» tinctive d’un titre dont il se trouvait infiniment flatté. Ce jeton ,» ajouta-t-il , serait ma croix de S.-Louis d’académicien. •>La comparaison était sans doute trop relevée pour des prétentionsaussi modestes que les nôtres ; elle signifiait seulement , quecomme la croix de S.-Louis est, ou doit être , une marquede service honorable dans les armes , la place de l’Académie estaussi, ou doit être une marque, si l’on peut parler ainsi, deservice honorable dans les lettres : le comte de Clermont pouvaitse flatter , avec justice , de les avoir également servies et ho-norées par les témoignages éclatans de son estime , et par l’en-couragement que cette estime devait leur donner.

La séance où il se présenta n’était qu’une assemblée particu-lière. L’Académie , et surtout le prince, aurait bien désiré qu’ellefût publique ; tout était disposé pour cette espèce de fête, la plusbrillante que cette compagnie eût encore célébrée. Le discours