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Tome troisième.
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DE MILORD MARÉCHAL. <k ):

réhabilitation. D’ailleurs ce patriote vertueux, plus homme en-core que jacobite, était téxnoiu avec douleur de la vie peu digned’un roi, que le Prétendant menait dans sa retraite ; il se rappe-lait surtout, en gémissant, le peu d’intérêt qu’avait marqué ceprince aux citoyens malheureux qui avaient enduré pour lui lamort et les supplices (n). Notre sage et digne philosophe jugeaqu’il n’était ni juste , ni raisonnable de s’immoler en pure perteà la cause d’un souverain détrôné , qui mettait si peu de prix audévouement généreux de ses peuples , et qui par là ne s’en mon-trait pas assez digne. Il s’imposa donc sur ce triste sujet le rigou-reux silence que lui ordonnait sa délicatesse. Mais un tel silence ,au milieu d’une nation qui cherchait sans cesse à le lui faire rom-pre , et qui peut-être n’en désespérait pas, était trop pénible àune âme comme la sienne : il résolut de retourner chez le princequi cbisirait tanttle le revoir, chez un souverain dont il pouvaitparler librement, sans avoir à craindre d’offenser jamais, nil’austère vérité, ni la majesté royale , et sans déguiser des senti-mens que toute l’Europe partageait avec lui.

Le roi de Prusse lui fit bâtir dans le faubourg de Postdam unemaison agréable et commode , d’où il pouvait aller par le jardinSans-Souci. 11 avait la liberté de venir tous les jours dîner avecle monarque , ou de rester chez lui s’il s’y trouvait mieux-Quand il prévenait le roi qu’il viendrait lui faire sa cour, Fré-déric l’attendait pour se mettre à table, avait soin de lui donnerce qui était le plus à son goût, et l’envoyait se reposer ensuitedans un appartement du château qu’il lui avait toujours con-servé.

Aussi milord Maréchal disait-il de ce prince , dont le palaisétait pour lui une espèce de couvent, oh il se trouvait très-heureux : Notre père abbé est l’homme du monde le plus aiséà vivre. Cependant , ajoutait-il, si j’étais en Espagne, je mecroirais obligé en conscience de le déférer à la sainte inquisition ,comme coupable de sortilège. Car s’il ne m’avait pas ensorcelé,resterais-je ici, ou je ne vois que l’image du soleil , pendant queje pourrais aller vivre et mourir dans le beau climat de Nalence-,

Quand l’âge et les infirmités ne permirent plus au respectablevieillard de sortir, Frédéric allait le voir, jouir de sa conversa—tion , et se consoler auprès de lui des ennuis du trône, d’au-tant mieux sentis par un souverain, qu’il est plus digne del’être.

Il serait mort entre les bras du roi, si ce prince n’eut étéobligé de partir pour une guerre qu’il n’a faite que malgré lui ,qui l’a rendu si cher à tonte l’Allemagne , si intéressant pourtoute l’Europe , cl qui est peut-être la plus belle époque d’unr