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en Angleterre et en Ecosse. Arrivé à Londres en vertu de cetteamnistie, si l’on peut y donner ce nom, il fut reçu du roi d’An-gleterre avec toute la distinction que méritaient ses vertus, soncourage , et le nom du grand roi son protecteur. Cependant seslettres de grâce n’eurent d’abord guère d’autre eifet que demettre sa personne en sûreté. Il ne laissa pas de réclamer sespossessions, et gagna même quelques procès contre les ravis-seurs ; mais ces procès, suivant l’usage, n’enrichirent que lajustice. Il ne rentra que dans une très-petite partie de ses biens ;le reste , qui était considérable , avait été dissipé par les dépré-dations du fisc, pour ne pas dire du ministère. Il céda même, enretournant à Berlin, le peu de fortune qu’il avait recouvré,pour une rente viagère assez modique, et qu’il ne toucha pasfort exactement, surtout les dernières années de sa vie. Le seulavantage qu’il recueillit de son rétablissement, fut la successiond’un pair d’Ecosse dont il était l’héritier. Cette succession, qui luidonnait environ trente mille livres de revenu , le mit à portée desatisfaire pendant sa vie et après sa mort ses inclinations bien-faisantes, depuis long-temps contrariées par le délabrement desa fortune. Quant à ses dignités, on ne parla point de les lui ren^dre, et il se soucia peu de les recouvrer. Il n’en avait besoin , nipour lui-même, dont le mérite était au-dessus des titres , ni pourdes héritiers qu’il n’avait jamais songé à se donner.
Touché cependant de l’intérêt vif et tendre que lui avaientmontré dans cette occasion ses compatriotes (10), et du désirqu’ils témoignaient de le revoir , il voulut aller finir ses joursavec eux, et demanda son congé au roi de Prusse, qui perdaitavec peine un homme tel que lui. J’étais alors à Berlin, et jefus témoin des adieux du grand prince et du vertueux milord.Tous deux s’embrassèrent les larmes aux yeux : Souvenez-vous ,lui dit le roi, si vous ne vous plaisez pas en Ecosse, que vousavez ici un ami à qui vous manquerez toujours, et dont vousferez cesser les regrets quand vous le voudrez.
Ce même prince lui écrivait après son départ : Si j’étais une puis-sance maritime, j’irais vous enlever à l’Ecosse : mais je ne puis,mon cher milord, vous tendre que Tes bras de l’amitié ; venezvivre auprès d’elle et vous jeter dans son sein.
Les souhaits du monarque furent bientôt remplis. Milord,Maréchal, plus que septuagénaire , ne trouva en Ecosse qu’unclimat trop rude pour sa santé, et point d’amis , car à cet âgeon n’en fait plus , et il en avait besoin. Les jacobites d’ailleurs serassemblaient autour de lui ; et tout éloigné qu’il était de s’op-poser à leur zèle , il se crut obligé de ne plus faire cause com-mune avec eux, depuis qu’il avait obtenu, ou plutôt accepté sa