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Tome troisième.
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7 ,4 PORTRAIT

que pour vous , et vous doublez , pour ainsi dire, le plaisir qu’il*ont de se trouver aimables.

La finesse de goût qui se joint en vous au désir continuel deplaire, fait que d’un côté il n’y a jamais rien en vous de recher-ché, et que de l’autre il n’y a jamais rien de négligé; aussipeut-on dire de vous que vous êtes très -naturelle et nullementsimple.

Discrète, prudente et réservée, vous possédez l’art de vouscontraindre sans elfort , et de cacher vos sentimens sans les dis-muler. Vraie et franche avec ceux que vous estimez, l’expériencevous a rendue défiante avec tout le reste ; mais cette disposition,qui est un vice quand on commence à vivre , est une qualitéprécieuse pour peu qu’on ait vécu.

Cependant cette attention, cette circonspection dans la société,qui vous sont ordinaires , n’empêchent pas que vous ne soyezquelquefois inconsidérée ; il vous est arrivé , à la vérité bien ra-rement , de laisser échapper, en présence de certaines personnes,des discours qui vous ont beaucoup nui auprès d’elles: c’est quevous êtes franche par nature, et discrète seulement par réflexion ;et que la nature s’échappe quelquefois malgré nos efforts.

- Les différens contrastes qu’offrent votre caractère, de naturelsans simplicité, de réserve et d’imprudence, contrastes qui vien-nent en vous du combat de l’art et de la nature, ne sont pas lesseuls qui existent dans votre manière d’être , et toujours par lamême cause. Vous êtes à la fois gaie et mélancolique, maisgaie par votre naturel , et mélancolique encore par réflexion :vos accès de mélancolie Soht l’effet des différens malheurs quevous avez éprouvés ; votre disposition physique ou morale dumoment les fait naître ; vous vous y livrez avec une satisfactiondouloureuse , et en même temps si profonde , que vous souffrezavec peine qu’on vous arrache de la mélancolie par la gaieté, etqu’au contraire vous retombez, avec une sorte de plaisir, de lagaieté dans la mélancolie.

Quoique vous ne soyez pas toujours mélancolique , vous êtessans cesse pénétrée d’un sentiment plus triste encore; c’est ledégoût de la vie : ce dégoût vous quitte si peu, que si mêmedans un moment de gaieté on vous proposait de mourir , vousy consentiriez sans peine. Ce sentiment continu tient à l’impres-sion vive et profonde que vos chagrins vous ont laissée ; vos af-fections même , et l’espèce de passion que vous y mettez , ne ledétruisent pas; on voit que la douleur, si je puis parler de lasorte , vous a nourrie, et que les affections ne font que vous con-soler.

Ce n’est pas seulement par vos agrémens et par votre esprit