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Tome troisième.
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742 NOTE SUR IA STATUE DE VOLTAIRE.

» moins joui de la consolation de recevoir avant sa mort les

» hommages de ses compatriotes.L’Académie de Berlin ' et

>» moi , nous nous proposons de payer au grand homme qui

» vient de mourir, le juste tribut qui est dû à ses cendres.

» Les Germains mettront tous leurs soins à rendre à ce beau» génie la justice que la France lui devait à tant de titres ; ils» ne seront contens d’eux-mêmes, que lorsqu’ils auront peint» avec énergie à l’Europe entière, et à la France en particulier,» la perte irréparable qu’elle vient de faire. »

Ces regrets sont accompagnés des traits les plus honorablespour les lettres. « Il n’y a plus, comme autrefois , dit ce prince,» d’amateurs des beaux arts et des sciences. Si ces arts se per-» dent comme je le prévois, à quoi l’attribuer qu’au peu de cas» qu’on en fait! Pour moi, je les aimerai jusqu’à mon dernier» soupir; je ne trouve de consolation pour supporter le fardeau» de la vie , qu’avec les Muses ; et je vous assure , que si j’avais» été maître de mon destin , ni l’orgueil du trône , ni le corn-» mandement des armées , ni le frivole goût des dissipations ne» l’auraient emporté sur elles. »

O vous, qui que vous soyez, détracteurs ou contempteursdes lettres, vous, qui prenez tant de plaisir à les voir en butte àla calomnie et aux outrages , lisez ces mots tracés par un grandroi, et rougissez. Et vous, écrivains honnêtes qui êtes l’objet desoutrages et de la calomnie, lisez aussi ces mots, et consolez-vous.

N’oublions pas de dire ( car cette circonstance est trop hono-rable à un prince dont le génie suffit à tout ) qu’il écrivait cetéloge des lettres le i4 septembre dernier ( 1778), dans un mo-ment où occupé des plus grands objets, il méditait et préparaitcette marche savante qu’il exécuta le jour même , et que lesconnaisseurs regardent comme le chef-d’œuvre de l’art mili-taire. L’Europe , dont ce monarque a tant de fois attiré lesregards , et qui maintenant a les yeux fixés sur lui avec plusd’intérêt que jamais, ne croyait pas qu’après trente-huit ans d’unsi beau règne , il pût encore ajouter à sa gloire, et l’Europe s’esttrompée.

■ Lettre du 24 juillet 1778.

TIN nu TROISIÈME V 01. U ME.