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Tome cinquième.
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PARTICULIÈRE. a3

deux éditeurs, et me permettent à peine de m’éloigner de Parisà de très-petites distances et pour quelques jours ; s’il était pos-sible et si j’étais assez heureux pour que des événemens que jene puis prévoir me laissassent libre quelques mois, je profiteraisavec ardeur de ce moment de loisir pour en aller faire hommageau roi. Mais tout ce que je puis faire dans ma situation présente,c’est d’accélérer, autant qn’il sera en moi , l’édition de Y Ency-clopédie, et surtout de ne prendre aucun nouvel engagementqui m’empêche de pouvoir allier un jour , et peut-être bientôt,mon plaisir et mon devoir. Le roi seul est capable de me tirerde la retraite où je m’enfonce de plus en plus, et où je me trouvede jour en jour plus tranquille et plus heureux. Le bonheurque j’ai eu de me faire connaître de lui par mes ouvrages , estla seule chose qui m’empêche de regretter l’obscurité ; je neveux plus sortir de ma solitude que pour lui, et pour dire en-suite en y rentrant : C’e<st maintenant , seigneur, que vouslaissez aller votre serviteur en paix. Voilà , monsieur, dans laplus grande sincérité, quelles sont mes dispositions : puis-je meflatter que sa majesté voudra bien en être touchée, et me con-server les bontés dont elle m’honore ? Mon plus grand désir se-rait de pouvoir en profiter, et surtout de in’en rendre digne.Je crains qu’elle n’ait conçu de,mes talens une opinion trop fa-vorable; mais elle ne saurait être trop persuadée de mon atta-chement inviolable pour sa personne; je m’exposerais volontiersau risque de la détromper sur mon esprit, pour l’assurer dessentimens de mon cœur, et pour mériter, du moins à cet égard,une estime aussi précieuse que la sienne, dont je suis infinimentplus jaloux que de ses bienfaits.

J’ai l’honneur d’être, etc.

A MADAME DU DEFFANT.

J’ai été, madame, dès lundi, prendre une souscription àY Encyclopédie pour vous ; vous aurez votre volume lundi pro-chain , ou mercredi au plus tard : j’aurais eu l’honneur de vousle mander tout de suite, si j’avais eu un moment pour respirer.11 me semble que la préface réussit : j’en suis fort aise, surtoutà cause de l’ouvrage , auquel les persécutions des jésuites m’ontvivement intéressé. Nous allons voir comment ils en parleront ;on dit qu’ils commencent à changer de ton : nous avons faitpatte de velours avec eux dans le premier volume ; mais s’ilsn’en sont pas reconnaissans , nous avons dans les autres volumessix à sept cents articles à leur service , Chinois, Confucius,