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Tome cinquième.
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24 CORRESPONDANCE

Ballets, Rhétorique, Molinisme, etc. J’ai eu tort de ne pas vous

envoyer l’épître dédicatoire ; la voici :

Monseigneur, l’autorité suffit à un ministre pour lui atti-rer l’hommage aveugle et suspect des courtisans ; mais elle nepeut rien sur le suffrage du public , des étrangers et de la pos-térité : c’est à la nation éclairée des gens de lettres , et surtout àla nation libre et désintéressée des philosophes, que vous devez,monseigneur, l’estime générale, si flatteuse pour qui sait pen-ser , parce qu’on ne l’obtient que de ceux qui pensfent. C’est àeux qu’il appartient de célébrer, sans s’avilir par des motifs mé-prisables , la considération distinguée que vous marquez pourles talens , considération qui leur rend précieux un hommed’État, quand il sait, comme vous, leur faire sentir que ce n’estpoint par vanité, mais pour eux-mêmes, qu’il les honore. Puisse,monseigneur, cet ouvrage auquel plusieurs savans et artistescélèbres ont bien voulu concourir avec nous , et que nous vousprésentons en leur nom , être un monument durable de la re-connaissance que les lettres vous doivent, et qu’elles cherchentà vous témoigner. Les siècles futurs , si notre Encyclopédie a lebonheur d’y parvenir , parleront avec éloge de la protection quevous lui avez accordée dès sa naissance , moins sans doute pource qu’elle est aujourd’hui, qu’en faveur de ce qu’elle peut de-venir un jour. Nous sommes , avec un profond respect, etc.

A LA MÊME.

Je reçus hier, madame, en arrivant de la campagne, une lettréde l’abbé de Cannaye , qui m’instruit de la tracasserie queM. de Saint-Mard m’a faite avec vous, et de la lettre qu’il vousa écrite pour me justifier. Comme il ne vous a mandé sûrementque la vérité , je me flatte que vous êtes pleinement détrompée:je n’ai donc rien à ajouter, madame, à ce qu’il a pu vous man-der , sinon que je suis toujours et plus que jamais dans les dis-positions ou vous m’avez vu , de ne rien demander ; que je nepense point du tout et n’ai jamais pensé à la place de secrétairede l’Académie ; que je serais très-fâché , quand je le pourrais,d’en dépouiller celui qui la remplit bien ou mal ; que je ne veuxpoint non plus aller sur les brisées de Montigny , qui, je crois ,pense à cette place , en cas que Dieu , ou M. d’Argenson sous safigure , dispose du titulaire ; que si j’avais pensé à cette place,j’aurais cru vous manquer que de vous en faire parler par unautre que par moi , et moins par M. de Saint-Mard que par unautre ; que si j’ai fait la préface de Y Encyclopédie, ç’a été pourcontribuer de mon mieux au bien de l’ouvrage ; qu’à l’égard