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Tome cinquième.
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76 CORRESPONDANCE

ainsi. Que Dieu le bénisse , lui, ses vers et sa prose! on dit qu’ila permission d’aller se promener dans ses abbayes ; on aurait dûl’envoyer promener quatre ans plus tôt. Il ne reste plus qu’à sa-voir ce que nous allons devenir , et quel parti nous allonsprendre.

Quand on a lotit perdu, quand on n’a plus d’espoir,

La guerre est un opprobre, et la paix un devoir.

Quant à nos sottises intestines, elles commencent à foisonnerun peu moins dans ce moment-ci. Il n’y a rien de nouveau , queje sache , du quartier général de Y Encyclopédie et de la Palis-soterie. La philosophie est entrée en quartier d’hiver. Dieu veuillequ’on l’y laisse respirer !

Adieu , mon cher et illustre maître , continuez à rire de toutce qui se passe. J’en ris tout autant que vous , quoique je soisdans la poêle : heureux qui, comme vous , a trouvé moyen desauter dehors! Vous ne vous plaindrez pas que cette épître estune lettre de Lacédémonien ; pourvu qu’elle ne vous paraissepas une lettre de Béotien , je serai consolé de mon bavardage.

A propos , vraiment j’oubliais de vous dire que je suis rac-commodé, vaille que vaille, avec madame du Déliant ; elle pré-tend qu’elle n’a point protégé Palissot ni Fréron , et j’ai tout misaux pieds, non du pendu, mais de Socrate. Ainsi, qu’elle nesache jamais ce que je vous avais écrit pour me plaindred’elle ; cela me ferait de nouvelles tracasseries que je veuxéviter.

Paris, g avril 1761.

Je vous remercie, mon cher maître , de m’avoir envoyé votrecharmante épître sur l’agriculture, qui ne parle guère d’agricul-ture , et qui n’en vaut que mieux. C’est, à mon avis, un desplus agréables ouvrages que vous ayez faits. Des gens de votreconnaissance , qui en ont pensé comme moi, et qui 11e sont pasdescendus d’Jsmaël , car ils servent et Daal et le Dieu d'Israël ,l’ont trouvée si bonne , qu’ils ont voulu la lire à la reine ; maisil y avait deux vers mal-sonnans et offensant les oreilles pieuses,qu’il a fallu corriger pour mettre votre épître en habit décent, etpour la rendre propre à être portée aux pieds du trône ; et croi-riez-vous que c’est moi qui ai fait cette correction ? J’ai donc misle bon mari d'Eve , au lieu du sot mari, qui était pourtant lavraie épithète ; et au lieu de manger la moitié de sa pomme ,qui est plaisant, j’ai uns goûter de la fatale pomme, qui est bienplat; mais cela est encore trop bon pour Versailles.

Riez , si vous voulez, de cette petite anecdote; mais, s’il vous