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Tome cinquième.
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io6 CORRESPONDANCE

vrai, leur a-t-on répondu, que les Anglais et le roi de Prusse

ne sont pas philosophes.

A propos de ce roi de Prusse , le voilà pourtant qui surnage ;et je pense bien comme vous, en qualité de Français et d’êtrepensant, que c’est un grand bonheur pour la France et pourla philosophie. Ces Autrichiens sont des capucins insolens quinous haïssent et nous méprisent, et que je voudrais voir anéan-tis avec la superstition qu’ils protègent: je parle, comme vous ,de la superstition , et non pas de la religion chrétienne, quej’honore comme les sociniens honteux de Genève honorentson divin fondateur. Voilà encore le socinien Vernet qui vientd’imprimer deux lettres contre vous et moi; il ne m’a pas étéjjossible dé les achever ; cela est d’un style et d’un goût exé-crables. Ne pourrait-on pas pourtant donner sur les oreilles àce prestolet; mais il faudrait avoir, pour cela, ce qui a été écritcontre lui en Hollande et ailleurs, au sujet de son catéchisme ;et puis il faudrait avoir du temps de reste pour lire toutes cesrapsodies , et pour en écrire d’autres sur celles-là ; et ni vousni moi n’avons du temps à perdre.

Avez-vous entendu parler d’une nouvelle feuille périodiqueintitulée : la Renommée littéraire, où l’on dit que vous êtesassez maltraité? Que de chenilles qui rongent la littérature ! parmalheur ces chenilles durent toute l’année , et celles des boisn’ont qu’une saison. On dit que l’auteur de cette infamie , queje n’ai pas eu le temps ni le courage de lire , est un certainLe Brun , à qui vous avez eu la bonté d’écrire une lettre deremercîment sur une mauvaise ode qu’il vous avait adressée.Je me souviens que, dans cette ode , il y avait un vers qui finis-sait par les lauriers touffus : une femme avec qui je lisais cetteode trouva l’épitliète singulière : Je la trouve comme vous ,lui dis-je; je ne crois pourtantpas que ce soit une faute d’impres-sion. Les lauriers de M. Le Brun se contentent de rimer àtouffus, mais ne le sont pas.

Laissons là toutes ces vilenies, et dites-moi où vous en êtesde Corneille , du Czar et d’ Olympia. A propos , on dit que vousserez obligé de changer le titre de cette dernière pièce , à causede l’équivoque, d l’impie ! Et puis dites que nous ne sommespas plaisans ?

Il paraît que l’affaire des Calas prend une tournure assez fa-vorable; cependant ces pauvres gens-là ont bien des ennemis ,et on écrit de Toulouse que les absous sont coupables , mais quele roué n’était pas innocent. Pour moi, je suis persuadé, commevous, que cette malheureuse famille a été victime des pénitensblancs. Croiriez-vous qu’un conseiller au parlement disait, il y