AVEC VOLTAIRE.
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Paris, !\ auguste 1767.
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1 raivquillisez— vous , mon cher maître. Aussitôt votre billetreçu, j’ai volé chez Caperonnier , qui est un galant homme. Ilm’a dit vous avoir déjà fait une réponse qui a dû calmer vos in-quiétudes; il est aussi indigné que vous et moi de l’insolence dumaraud qui s’est avisé de le mettre en jeu. Je sais que le prési-dent Hénault pense de même , ét je ne doute pas que M. Le Beau,tout janséniste et dévot qu’il est, ne vous donne la même satis-faction au sujet de la liberté que Cogé pecus a prise de le citer.Au fond , cette tracasserie vous tourmente plus qu’elle 11e vaut,et je ne puis surtout approuver la peine que vous avez prise d’é-crire à ce cuistre de collège une lettre ( correspondance généra-le , tome XII ) dont il se glorifiera , et qui lui fera croire quevous le craignez. Je suis toujours étonné que vous ne sentiez pasvotre force, et que vous ne traitiez pas tous les polissons qui vousattaquent comme vous avez fait Aliboron. A votre place , je meserais contenté d’avoir le désaveu du président Hénault qui, parparenthèse , doit se plaindre à M. de Sartine de Caperonuier etde Le Beau, et j’aurais ensuite donné publiquement à Cogé undémenti bien formel , supposé que la chose en vaille la peine :car répondre à cette canaille , c’est lui donner l’existence qu’ellecherche. Caperonnier ignorait, sans votre lettre , que Cogé eutécrit, et qu’il y eût une critique de Bélisaire ou il est cité.
J’ai reçu et lu , avec grand plaisir , la Défense de mon oncle,et je vous prie d’en faire mes remercîmens à son neveu qui de-meure , à ce qu’on dit, dans vo.s quartiers. Je ne sais qui est Lar-cher des gueux auquel le jeune abbé Bazin répond : les coups degaule qu’il lui donne me divertissent fort ; cependant, j’aime-rais encore mieux qu’il s’en dispensât, et il me semble voir Césarqui étrille des porte-faix ; il ne doit se battre que contre Pompée.
La réponse à Warburlon, dans la petite feuille, est juste,mais je la voudrais moins amère ; il faut pincer bien fort, mê-me jusqu’au sang , mais ne jamais écorcher; ou du moins il fautécorcher avec gaieté , et donner le knout, en riant, à ceux quile méritent. J’en dis autant du ministre ou ex-ministre La Beau-melle que de l’évêque Warburton. Le premier est un va-nu-pieds, le second est un pédant : mais ni l’un ni l’autre ne sontdignes de votre colère. A^ous êtes si persuadé, mon cher philo-sophe, qu’il faut rire de tout, et vous savez si bien rire quandvous voulez, que ne riez-vous donc toujours, puisque Dieu vousa fait la grâce de le pouvoir ! Pour moi , dans ce moment, jen en ai guère envie ;.on ne nous paye point nos pensions; et à la