Band 
Tome cinquième.
Seite
202
JPEG-Download
 

202

CORRESPONDANCE

(icace ; demandez à Chabanon et au comte de Rocliefort s’ils sontconlens de ma lettre.

Quant à Jean-Jacques Rousseau, je vous ai déjà répondu sursa souscription ; je vous invite de nouveau à vous détacher decette idée que vos amis désapprouvent, quoiqu’ils ne veuillentrien faire qui vous déplaise.

Non, on ne jouera point cette infamie du Satirique, et jepuis vous dire, sous le secret, que c’est à moi que la philosophieet les lettres ont cette obligation. J’ai fait parler à M. de Sartinepar quelqu’un qui a du pouvoir sur son esprit, et qui lui a parléde manière à le convaincre. Il était temps, car la pièce devaitetre annoncée le soir même, pour être jouée le lendemain.

On écrira ou l’on fera écrire au procureur-général Riquet,soyez tranquille. La personne à qui vous me priez de recomman-der cette affaire, m’a promis tout ce qui dépendra d’elle. Cettepersonne doit être chère à la philosophie, par sa manière de pen-ser ; elle prêche hautement la tolérance et les vœux à vingt-cinqans.

Fréron est un maraud digne des protecteurs qu’il a ; mais iln’est pas digne de votre colère. Je crois les Anecdotes très-vraies;mais cela ne fera ni bien ni mal à ses feuilles, qui d’ailleursvont en se décriant de jour en jour. Il y a plus de douze ans queje n’en ai lu une seule.

Adieu, mon cher et illustre maître; nous avons déjà plus qu’ilne nous fjjut pour la statue, mais nous recevons toujours les sous-criptions, car bien d’honnêtes gens n’ont pas souscrit encore.Etes-vous sûr que M. le duc de Choiseul ait souscrit? je sais quec’est son dessein, mais je doute qu’il l’ait encore exécuté. Adieu;je vous embrasse de tout mon cœur.

Paris, 4 auguste 1770.

Je n’ai point encore de réponse, mon cher et illustre maître, àla lettre très-pressante que j’ai écrite au roi de Prusse, le 7 dejuillet dernier; il faut cependant qu’elle ait produit son effet,car voici ce que M. de Catt, son secrétaire,' m’écrit du 22 : Leroi souscrira à ce que vous désirez; quand il vous fera sa réponse,je vous l’enverrai. Dès que j’aurai cette réponse , je 11e perdraipas un moment pour vous en instruire.

J’ai une autre nouvelle à vous apprendre, c’est que vraisem-blablement j’aurai bientôt le plaisir de vous embrasser. Tousmes amis me conseillent le voyage d’Italie pour rétablir matête ; j’y suis comme résolu, et ce voyage me fera, comme vouscroyez bien, passer par Eerney, soit en allant, soit en revenant.