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Tome cinquième.
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AVEC LE ROI DE PRUSSE. 3a5

l’Europe des grands et rares talens militaires de votre majesté,que j’ai cru devoir lui faire connaître un ouvrage où l’on rendà ces sublimes talens les hommages qu’ils méritent; un ouvragedont votre majesté est le meilleur juge que l’auteur puissedésirer , et celui dont le suffrage peut être le plus honorableet le plus flatteur pour lui. Ce suffrage , sire , pourrait encas de besoin être mis dans la balance contre celui de toutle reste de l’Europe, comme Lucain y a mis le suffrage deCaton contre celui des dieux. Je vois avec peine que votremajesté n’a pas été contente d’un endroit du discours prélimi-naire , où elle a cru voir que les Prussiens étaient accusésde manquer de bravoure. Je n’ai point l’ouvrage sous les yeuxpour justifier l’auteur, qui vient d’ailleurs de partir pour unvoyage de quelques mois, et à qui je ne puis demander raisonde ce reproche. Mais je suis bien sûr au moins que son inten-tion n’a point du tout été de reprocher le défaut de courageà des troupes qui ont gnagné au moins douze batailles. Je suispersuadé qu’il a voulu dire seulement que les Prussiens n’au-raient pas eu tant de succès , s’ils n’eussent été que braves , ets’ils n’eussent eu à leur tête un général aussi consommé dansles manœuvres militaires, devenues aujourd’hui plus néces-saires que jamais ; et cette assertion , bien loin d’être unreproche, me parait au contraire un nouvel éloge, et de cesbraves troupes, et surtout du héros qui les commande. Voilà,sire , ce que ma philosophie encyclopédiste croit pouvoir répondreà votre majesté pour justifier un jeune militaire dont je connaistoute l’admiration pour elle, et toute l’estime qu’il fait de sestroupes. Je ne serai pas aussi empressé à me justifier moi-mêmede ce que votre majesté ajoute , que je n’aime pas la guerre;et comment pourrais-je m’en justifier auprès d’un prince philo-sophe, qui a si bien peint dans ses ouvrages les maux que laguerre fait à l’humanité; qui ne l’a jamais entreprise que forcépar les circonstances ; qui, depuis quatre à cinq ans, ne pa-raît occupé qu’à l’éviter, et qui s’est conduit pour y parveniravec une sagesse et une habileté dont toute l’Europe parle ence moment avec admiration ?

Je ne doute point que Mustapha ne fasse le mieux du mondede se conformer aux sentimens pacifiques que votre majesté luia inspirés , nouvelle preuve qu’elle n’aime pas la guerre plusque moi. Mais je ne serai point content que votre majesté nelui ait fait dire au moins un petit mot du temple de Jéru-salem. Cette réédification , sire , est ma folie, comme la des-truction de la religion chrétienne est celle du patriarche deFerney. Je sais bien que si la Sorbonne voyait ce temple de