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Tome cinquième.
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3a6 CORRESPONDANCE

bout, elle trouverait moyen d’éluder la prophétie ; elle arépondu , dieu merci, à des objections toutes aussi pressantes ;mais j’âi cependant encore assez bonne opinion d’elle, pourprésumer qu’au moins dans les premiers momens de l’objec-tion , elle aurait quelque petit embarras; et je désirerais fortque Mustapha eût l’esprit de lui jouer ce petit tour de page;après quoi nous irions à la messe comme à l’ordinaire, en riantseulement un peu plus de ceux qui la diraient.

Je ne sais si votre majesté osera faire part aux Russes , seschers alliés, d’un petit malheur qui vient d’arriver aux eaux deSpa à quelqu’un de leurs comjratriotes. Il avait, dit-on , passequelques mois à Paris , où il avait appris à s’habiller avec élé-gance. Il a donc fait faire un habit du vert le plus élégantdu monde ; un cheval, qui l’a vu habillé de la sorte , a pris letout pour une botte de foin , et l’a mordu si vivement à l’épaule,que le pauvre habillé de vert en est sérieusement malade. Jecrois que l’infanterie russe est habillée de vert ; cet événement,sire , ne serait-il pas une bonne raison pour lui faire changerd’uniforme ?

Hélas ! sire , je ris et je n’en ai pas trop d’envie. Car si leschevaux de Spa prennent les Russes pour des bottes de foinbonnes au moins à manger, les inquisiteurs de France prennentles philosophes pour des bottes de foin qui ne sont bonnes qu’àbrûler. Je suis dégoûté d’écrire, et, malgré le peu de cas quevotre majesté fait de la géométrie, je me réfugierais dans cetasile, si ma pauvre tête pouvait encore supporter l’applicationqu’elle exige. Je vais cependant essayer la continuation del’histoire de l’Académie Française; mais combien de peine ilfaudra que je me donne pour ne pas dire ma pensée ! heureuxmême si, en la cachant, je puis au moins la laisser entrevoir I

Je suis avec le plus profond respect, la plus vive reconnais-sance et la plus immuable admiration, etc.

Paris, 22 août 1772.

cette lettre sera présentée à votre majesté par M. Bor-relly, que j’ai l’honneur de lui envoyer pour remplir la doubleplace de feu M. Toussaint, à l’académie royale des nobles ,et à l’académie royale des sciences , deux établissemens quihonorent également votre majesté, l’un par son institution,l’autre par son renouvellement et par la protection que luiaccorde le philosophe des rois , et le roi des philosophes. M. deCatt a déjà dû, sire, rendre compte à votre majesté des infor-