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Tome cinquième.
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3a8 CORRESPONDANCE

près d’un tiers; mais ce qui me console et me flatte, parcequ’enfin il est agréable d’être jugé par ses pairs, j’avais pourmoi tous mes confrères les gens de lettres , excepté un seulqui est prêtre et dévot politique; et un habitant de Versaillesm’a assuré que, malgré la pluralité des suffrages, j’aurais eul’exclusion de la part de la cour, si les marques de bonté etd’estime que j’ai reçues des étrangers, et surtout de votremajesté, n’avaient été ma sauve-garde. Ce n’est pas la premièrefois , sire , que j’ai éprouvé combien je dois aux bontés de votremajesté, pour me mettre à l’abri de la persécution dans monpropre pays. Le maréchal de Richelieu, le plus acharné enne-mi des lettres, de la philosophie et de toute espèce de mérite,cet homme si gratuitement célébré par le philosophe de Ferney,était à la tête de la cabale ; outré de n’avoir pu réussir , il s enest vengé sur le pauvre Delille, auteur des Géorgiques, qu’ila fait exclure de l’Académie , quoiqu’il eût eu presque l’unani-mité des suffrages, et.qu’il soit aussi estimable par son carac-tère et par sa conduite que par ses talens. Il est bien flatté ,sire, et bien honoré du désir que votre majesté lui témoignede voir une traduction entière de Eirgile de sa façon ; il en adéjà traduit le quatrième livre, qui m’a paru très-beau. La su-perstition aura beau faire , les gens de lettres sont comme lesfourmis, qui réparent leur habitation quand on l’a détruite.

On m’a assuré qu’on trouvait aux Deux-Ponts le poème duBonheur de M. ïlelvétius , et qu’il y a une très-belle préfaceà la tête, dont j’ignore l’auteur. On m’assure aussi qu’onimprime actuellement un autre ouvrage en prose et beaucoupplus considérable du même M. Helvétius. J’en ignore jusqu’autitre; mais c’est, dit-on, une espèce de supplément au livrede YEsprit.

Je suis avec le plus profond respect, etc.

P. 5. Je prends la liberté, sire, de joindre à ce long etennuyeux verbiage en prose , un portrait qu’on vient de graverici, et au bas duquel on a mis des vers que ma muse géomé-trique a ose faire pour votre majesté, à qui je crois que cesmauvais vers sont connus. Ce portrait, sire, m’est précieux,en ce qu’d sera un monument des sentimens que j’ai vouésdepuis si long-temps à votre majesté. Je voudrais que ces versfussent meilleurs; mais cependant j’oserai dire avec Despréaux,dans un sujet bien différent :

Non , non , sur ce sujet pour écrire avec grâce,

Il ne faut point monter au sommet du Parnasse;