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Tome cinquième.
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35o CORRESPONDANCE

vrai, malheureusement pour ce prince , et heureusement pourl’académie de Berlin , qui conservera M. de La Grange, et quise passera de S. Antoine de Pade.

Votre majesté a sans doute déjà appris que M. de La Grangevient de remporter pour la cinquième ou sixième fois , car j’en aiperdu le compte, le prix de notre Académie des sciences de Paris-Je ne puis trop me féliciter d’avoir procuré à l’académie de Berlinun homme d’un talent si éminent et si rare, et plus estimableencore par sa modestie et par la douceur de son caractère quepar son sai^pir et son génie.

Je m’aperçois toujours trop tard que j’abuse du temps pré-cieux de votre majesté, et je finis en lui renouvelant les très-humbles assurances de la vénération profonde et de l’attachementinviolable avec lequel je suis, etc.

Paris, i" juillet 1 774-

Sire, la dernière fois que votre majesté me fit l’honneur dem’écrire , elle était près de partir pour toutes ses revues. Je lescrois finies actuellement, et votre majesté de retour dans sa re-traite philosophique, où je viens un moment la troubler pourlui renouveler mes profonds respects et ma vive reconnaissance.

Il s’est passé chez nous un grand événement depuis la dernièrelettre que j’ai eu l’honneur d’écrire à votre majesté. Nous en at-tendons les suites, politiques, civiles, morales, littéraires, phi-losophiques, et surtout économiques. On nous en prometbeaucoup , et c’est de quoi nons avons le plus de besoin. L’ino-culation du roi et de la famille royale, à laquelle on était bienéloigné de s’attendre il y a un mois, prouve que la raison estécoutée, et donne tout à la fois bon espoir, et bon exemple.Qu’on nous préserve de la guerre, des fanatiques et des fripons,et tout ira bien.

Je ne pense pas qu’on redemande jamais de France des jésuitesà votre majesté. Je plains bien l’Allemagne catholique de n’avoirpas mieux que ces intrigans ignorans pour l’instruction de lajeunesse. Votre majesté ne me rend pas justice, si elle croit quej’ai du fiel contre eux. Personne au contraire ne s’est élevé avecplus de force contre la barbarie avec laquelle les individus decette espèce ont été traités en France. Mais je voudrais qu’enrendant les particuliers aussi heureux qu’ils peuvent l’être sansse mêler de rien, on ne fournit jamais au corps les moyens derenaître, surtout dans les pays où il ne peut être que dangereux,et où il n’a jamais été autre chose. Si tous les princes étaient desFrédérics, je verrais l’Europe pavée de jésuites sans les craindre