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AVEC LE ROI DE PRUSSE.
Je viens de mander à M. de Voltaire que votre majesté a enla bonté de m’envoyer le certificat favorable à M. d’Elallonde,qu’il me paraissait attendre avec impatience. Il est digne devotre majesté de rendre justice à la conduite de ce jeune hommesi cruellement persécuté, et je ne désespère pas qu’un tel certi-ficat ne lui procure enfin des jours plus heureux.
Toutes les lettres de Rome et d’Italie assurent que la mort dupape est un chef-d’œuvre de l’apothicairerie jésuitique. Votremajesté ne pourrait-elle pas fonder pour ces honnêtes gens, dansleur collège de Breslau, une chaire de pharmacie dans laquelleils paraissent être si versés ? L’élection du successeur de Clé-ment XIV sera un grand événement pour eux ; mais je ne doutepas que les princes catholiques, qui connaissent si bien le savoir-faire de la société, ne se réunissent pour engager le pape futurà laisser ce trésor aux princes qui ne vont point à la messe, etqui n’auront point à craindre en communiant le sort du pauvreempereur, si bien régalé par le frère Sébastien de Monte-Pulciano.
Je suis très—affligé de l’état du pauvre Catt; c’est un fidèleserviteur de votre majesté, et bien digne de l’intérêt qu’elleprend à son malheur. Je lui écris en détail au sujet du sculpteur,ne voulant pas importuner votre majesté de ce détail. Ce sculp-teur, sire, a pris le parti d’aller lui-même incessamment à Berlinà ses propres frais et risques , pour avoir l’honneur de se présen-ter à votre majesté, pour s’assurer si ses services lui conviennent,et pour avoir l’honneur de lui proposer lui-même ce qu’il désired’obtenir d’elle en s’attachant à son service. Il sera parti dans letemps où votre majesté recevra cette lettre , et il ne tardera pasà la suivre.
Je suis avec le plus profond respect, etc.
Paris, îSdvcembrc 1774, anniversaire de la bataille de Kessclsdorf.
iSike, il faut, et je n’ai pasdepeineàlecroire, que tous les commisde toutes les postes d’Allemagne , sans compter ceux des postes deFrance, aient été curieux de lire les vers que votre majesté 111efait l’honneur de m’envoyer; car le paquet qui contenait ces verset la lettre du i 5 novembre qui y était jointe ne me sont parvenusqu’à plus de trois semaines de date. Ce retard, joint à un rhuma-tisme qui m’a privé pendant quelques jours de l’usage du brasdroil,m’a empêché de faire plus tôt à votre majesté mes très-liumbleset très-sincères remercîmens sur la charmante pièce dont elle abien voulu me procurer la lecture. C’est en même temps un ou-