AVEC LE ROI DE PRUSSE.
365
i 3 août 1775.
iSire, M. de Voltaire vient de m’écrire, pénétré de reconnais-sance des bontés de votre majesté pour M. d’Etallonde Morival,et de la grâce que vous venez d’accorder à ce jeune homme, sicruellement et si bêtement persécuté par les fanatiques du paysdes Welclies. La protection , sire, que vous accordez à M. d’E-tallonde est digne du génie et de l’âme de votre majesté, etsera la honte éternelle des barbares absurdes qui n’ont pas rougide le condamner à perdre la tête, pour n’avoir pas salué uneprocession de capucins. M. de Voltaire, et tous ceux qui ont vuce jeune homme à Ferney, assurent qu’il est bien digne desbontés de votre majesté par la noblesse de ses sentimens, par ladouceur de son caractère et de ses mœurs , et par son applicationà s’instruire. J’espère que M. d’Etallonde, par l’usage qu’il ferade ses connaissances et de ses talens au service de votre majesté,répondra aux bontés et à la protection dont elle l’honore. Jeprends la liberté de lui en demander la continuation pour cejeune homme, innocente victime de la plus atroce et de la plusabsurde superstition. C’est à César à réparer les sottises desdruides et de leurs agens, et c’est à lui à donner tout à la fois àson siècle des leçons de guerre , de paix, de philosophie, d’hu-manité et de justice. Recevez donc , sire, par ma faible voix , lestrès-humbles remercîmens de tous les hommes honnêtes et éclai-rés pour ce que vous voulez bien faire en faveur de ce jeunehomme, et pour l’opprobre dont vous couvrez en ce moment lasuperstition et le fanatisme.
Je suis avec le plus profond respect, la plus vive admirationet la plus sincère reconnaissance, etc.
Feruey, i 5 septembre 1775.
ire, j’ai eu l’honneur d’écrire il y a quelque temps à votremajesté une lettre particulière en faveur de M. d’Etallonde âlo-rival, pour remercier votre majesté, au nom de l’humanité et dela justice, de ce qu’elle veut bien faire pour ce jeune homme ,qui en est vraiment digne par son honnêteté , sa douceur, sonapplication, et son zèle pour votre service. Tous ceux qui ont vucet officier n’ont qu’une voix sur son éloge, et regardent commeune des plus belles actions de votre majesté la protection qu’elleveut bien accorder eu cette occasion à l’innocence et à la raison ,persécutée par l’absurde et atrooe fanatisme. Ce sera un nouveau