AVEC LE ROI DE PRESSE. SO7
mencera dans deux mois; et peut-être votre majesté voudra-t-elle y faire quelques acquisitions. C’est ce qui a engagé les héri-tiers à me prier de vous faire parvenir cet ample et curieux ca-talogue.
M. Tassart doit être à présent en pleine fonction au service devotre majesté, et je me flatte qu’elle sera contente de son travailet de sa conduite.
Il ne me reste, sire, en finissant cette lettre, qu’à renouvelermes vœux pour la conservation de votre majesté, pour son bon-heur et pour sa gloire ; qu’à souhaiter qu’elle puisse faire goûterà ses peuples, et par contre-coup à l’Europe, les fruits d’unepaix douce et durable; qu’elle continue long-temps à protégerles sciences , les arts, les lettres et la philosophie , et qu’elle con-tribue toujours elle-même à leurs progrès par des écrits pleins delumière, de grâce et de force. Ne pouvant plus, sire, vous suivremême de loin dans cette carrière, je vous suivrai du moins desyeux, et j’applaudirai à vos brillanssuccès.
Je suis avec le plus profond respect et la plus vive reconnais-sance, etc.
Paris i 5 octobre 1776.
Sibe, il n’y a que très-peu de temps que j’ai eu l’honneur d’é-crire à votre majesté; et ce que je crains le plus, c’est de l’im-portuner par des lettres trop fréquentes qui lui déroberaient untemps si précieux pour elle. Mais la lettre pleine de bonté que jeviens d’en recevoir, exige de ma part, sire, de nouvelles expres-sions de toute la reconnaissance et de toute la vénération que jevous dois à tant de titres. Votre majesté, en honorant de sesbienfaits le malheureux et intéressant d’Etallonde, va donc ven-ger d’une manière éclatante et digne d’elle, l’innocence oppri-mée par la censure des prêtres et les arrêts des parlemens; carles philosophes n’ont pas plus à espérer des uns que des autres.En effet, ces deux corps quisous le règne du feu roi se heurtaientsans cesse pour des billets de confession, pour je ne sais quellebulle de la fin du règne de Louis XIV, paraissent avoir faitcontre la philosophie une ligue offensive et défensive, et contrele progrès des lumières. Ces parlemens qui brûlent, sans misé-ricorde, les œuvres des philosophes, pourraient bien, si on leslaissait faire, échauder les philosophes eux-mêmes. En effet,quoique l’Inquisition n’ait pas pu s’établir en France, messieursles philosophes n’y sont guère plus à leur aise qu’ailleurs.
Quant aux prêtres, qui sont actuellement assemblés, comme