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Tome cinquième.
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368 CORRESPONDANCE

ils le sont par malheur tous les cinq ans, et qui dans cette assem-ble'e se dévorent et se déchirent entre eux, ils partent de là pouraller à "Versailles conjurer le roi de renouveler les édits atroceset absurdes qui ordonnent la persécution des protestans. Voilàce qu’ils ont fait jurera ce prince dans la cérémonie de son sacre.Je ne sais si votre majesté a reçu l’ouvrage imprimé qui a pourtitre : Formules de cérémonies pour le sacre de sa majestéLouis XVI. Je voudrais, sire, que vos occupations, à la véritétrop importantes pour que des sottises les interrompent, vouspermissent de jeter les yeux sur ce livre, qui a indigné tous lesbons et fidèles sujets de notre jeune et vertueux monarque ; vousy verriez à la page 60 que les prêtres recommandent à Dieu lenouveau roi, que nous élisons, disent-ils, pour souverain dece royaume. Comment souffre-t-on cette insulte impudente aumonarque et à la nation ? comment souffre-t-on que, dans cetteridicule et révoltante cérémonie, il ne soit jamais question quedes prêtres , de leurs privilèges , de leurs biens, de leurs préten-tions, et point du tout des droits du roi et du peuple ? Il ne resteplus aux patriotes éclairés et fidèles, qu’une consolation, c’estd’espérer que pendant le règne de Louis XVI, dont nous souhai-tons tous le bonheur et la durée, les lumières feront assez deprogrès pour que cette cérémonie bizarre et absurde, dont lareligion n’est que le prétexte et nullement l’objet, soit enfinabolie sans retour. Le premier ministre du roi de Naples, M. lemarquis Tanucci, homme très-éclairé , qui connaissait appa-remment en détail tout ce qu’il y a d’odieux et d’insolent dansles formules sacerdotales pour le sacre des rois, a empêchéque le roi de Naples d’aujourd’hui ne se soumît à cette espèced’humiliation ; puissions-nous en faire de même à l’avenir !

L’indignation contre les prêtres m’a emporté si loin, sire,qu’à peine me laisse-t-elle de la place pour des objets plus inté-ressans. M. Margraff, très-habile chimiste de votre académie,sire, est, dit-on, près de sa fin, et aurait besoin d’un succes-seur. Si votre majesté n’avait personne en vue pour le rempla-cer, et qu’elle voulût bien me témoigner sur ce sujet la mêmeconfiance qu’elle a bien voulu déjà me marquer en d’autres oc-casions , je trouverais peut-être quelqu’un qui pourrait lui con-venir, et j’aurais peut-être le bonheur de réussir dans ce choix ,comme dans quelques autres qui ont eu l’agrément de votremajesté. J’ai appris aussi la mort de M. Ileinius, directeur delàclasse de philosophie. Je crois que M. Béguelin serait très-dignede cette place , par son honnêteté , ses travaux et ses fïimières ,et je prends la liberté de le recommander aux bontés de votremajesté. Que ne puis-je, sire , aller vous dire moi-même tout, ce