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Tome cinquième.
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3;o CORRESPONDANCE

l’honneur de lui présenter en faveur de M.,Béguelin , je prendsla liberté de recommander de nouveau à ses bontés cet hommeestimable , que j’en crois digne par la sagesse de sa conduite, etpar son assiduité au travail. J’avais eu l’honneur aussi d’offrir àvotre majesté de lui chercher quelqu’un pour succéder à M. Mar-graff, dans le cas où l’académie viendrait à perdre cet habilechimiste. Comme je ne fais acception de personne, quand il estquestion de servir votre majesté, et de faire le bien de son aca-demie , j’ai appris il y a peu de temps qu’il y avait à Stockholmun très-habile chimiste , nommé Scliéele, membre de l’académiedes sciences de cette ville , et qui, sans m’être d’ailleurs connu ,me paraît fort estimé par les plus habiles chimistes de la France.Votre majesté pourrait faire prendre à ce sujet des informations ,et faire l’acquisition de ce savant, qui peut-être ne serait pasdifficile. On m’a dit aussi que M. Michaëlis de Gœttingue, aveclequel je n’ai d’ailleurs aucune relation, mais qui est un savanttrès-distingué, et que votre majesté désirait il y a douze ansd’attirer à Berlin , serait aujourd’hui plus disposé à cette trans-plantation, par quelques dégoûts qui diminuent son attachementpour le pays de Hanovre. C’est encore un avis que mon zèle seulme dicte, et dont votre majesté fera l’usage qu’elle jugera àpropos , suivant sa sagesse et ses lumières.

Je reçus il y a quelques jours, sire, une lettre de madame lamarquise d’Argens, qui me paraît pénétrée de douleur du mé-contentement que lui a, dit-elle, marqué votre majesté de ceque le mausolée de son mari est à Aix, et non pas à Toulon.Elle me mande que l’évêque de Toulon n’a pas voulu que cemonument fût érigé dans son diocèse, quoique la manière dontest mort le marquis, muni des sacreinens de l’Église romaine,ait dû calmer les scrupules des âmes les plus timorées. Sa veuven’aurait pu, ce me semble, opposer de résistance à cette vexation,sans avoir contre elle toute la horde des pénitens bleus, blancs,rouges, etc., dont ce malheureux pays est inondé , et sanscompromettre en quelque sorte votre majesté vis-à-vis des .prêtresprovençaux, qui ne valent pas mieux que les autres, et qui,grâce à leur soleil, sont encore plus près de la folie et dessottises.

Nos évêques viennent de demander au roi que les enfans desprotestans soient déclarés bâtards , et que les vœux monastiquespuissent se faire à seize ans. Voilà des demandes bien dignes denos évêques. Le roi y a répondu avec sagesse , et toute la nationespère que ce prince se rendra sur ces deux points aux vœux quetous les bons citoyens font depuis long-temps, qu’on accorde àtous les Français sans distinction Yétat civil, et qu’on ne puisse