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Tome cinquième.
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AVEC LE ROI DE PRUSSE. 3 ;t

pas disposer de sa liberté' à un âge où on ne peut pas disposer deson bien.

On nous annonce de grandes réformes dans l’état militaire ,et surtout dans la maison du roi, qui était jusqu’ici un objet degrande dépense sans aucune utilité. Les intéressés, qui sont engrand nombre, jettent déjà les hauts cris , mais la nation bénitle prince et son ministre.

Recevez , sire , avec votre bonté ordinaire les vœux que je faispour votre majesté dans l’année qui va commencer. Puisse-t-elle y en ajouter encore beaucoup d’autres , et recevoir long-temps l’hommage des sentirnens de respect, de reconnaissanceet d’adrniration avec lesquels je suis , etc.

Paris, a 3 février 1776.

Sire, je ne sais s’il y a quelque sympathie physique entrevotre majesté et moi son serviteur indigne , qui lui suis d’ailleursattaché par la sympathie morale ; mais les quatorze accès degoutte dç votre majesté ont été suivis chez moi d’un long accèsde rhumatisme , que j’ai eu successivement dans toutes les par-ties de mon faible corps, et qui a totalement détruit le peu d’a-mélioration que je commençais à éprouver dans ma frêle ma-chine. Il est vrai que nous avons éprouvé pendant plus de troissemaines, un hiver affreux, tel que nous n’en avons point euici de mémoire d’homme ; celui de 170g a été moindre d’undegré , du moins si on s’en rapporte aux observations quiparaissent les plus exactes ; heureusement il ne résultera pas lamême calamité du froid de 1776, parce que la terre était cou-verte de neige, et que nous n’avons point eu cette année,comme en 170g, un faux dégel qui ait tout perdu. Mais il y aeu des malheureux qui sont morts de froid et de faim. Notrejeune roi, qui est la bienfaisance et la justice même, a sauvé dela mort tous ceux qu’il a pu connaître , et n’a point mis deborne à sa charité. On nous assure que le froid a été à propor-tion aussi vif dans le Nord. Je crains bien que s’il a été tel àBerlin , votre majesté n’en ait cruellement ressenti les effets. Jela supplie de vouloir bien me rassurer elle-même sur sa santé ,quoique toutes les nouvelles que j’en apprends soient très-conso-lantes pour moi.

Il est faux que Yoltaire soit devenu marquis et intendant dupays de Gex, comme on l’a dit à votre majesté. Il n’est pas plusmarquis et intendant qu’auparavant ; mais il a profilé de la cir-constance d’un contrôleur-général vertueux et zélé pour le bien,