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Tome cinquième.
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AVEC LE ROI DE PRUSSE. 3c)/ï

çt ne me permet pas de différer la réponse à l’affligeante lettreque je viens de recevoir de votre majesté.

Elle se plaint qu’on a imprimé quelques unes des lettresqu’elle m’a fait l’honneur de m’écrire, et que d’autres courentmanuscrites à Paris.

Voici mon apologie et l’exacte vérité des faits.

Dans la douleur que m’inspirait la perte que je fis l’annéedernière, j’ouvris mon cœur à votre majesté, dont les bontésme sont si connues. Elle eut la bonté de me répondre par deuxlettres, si pleines de raison , de sensibilité , de sagesse , que jecrus soulager ma douleur en faisant part de ces lettres à mesamis. Cette lecture produisit en eux , je n’exagère point, sire,la plus tendre vénération pour votre majesté, et quelques-uns en furent touchés jusqu’aux larmes. Us m’en deman-dèrent des copies, bien sûrs de produire dans tous ceux quiles liraient les mêmes sentimens dont ils étaient pénétrés eux-mêmes. Je leur refusai ces copies, et je donnai seulementà deux ou trois d’entre eux un extrait de ce qu’il y avait dansces lettres de plus intéressant, de plus moral, de plus sen-sible , de plus propre enfin à faire chérir l’auguste auteur deces lettres.

Ces extraits ont été imprimés dans un journal sans ma parti-cipation ; et à vous dire le vrai, sire, je n’ai pu m’en repentir,par l’effet général qu’ils ont produit sur tous ceux qui les ontpis. Si je suis coupable , c’est d’avoir donné à votre majesté,s’il est possible , un plus grand nombre d’admirateurs; et je nepuj| croire qu’une telle faute me rende crimiuel à ses yeux.L’intention doit au moins faire excuser l’action.

Quant à toutes les autres lettres que votre majesté m’a faitl’honneur de m’écrire, je puis l’assurer que je n’en ai donné decopie à qui que ce soit au monde , ni en entier ni par extrait ;que je ne les ai même lues qu’à un très-petit nombre de sages,à qui tout ce qui vient de votre majesté est cher et précieux ; jen’ai point oui dire qu’il en coure à Paris des copies manuscrites,et s’il en courait, j’ose assurer, sire, que ce serait des copiesfactices et supposées.

Ce n’est pas la première fois qu’on a imprimé de prétendue.^lettres que votre majesté m’avait, dit-on, adressées. J’ai donnédeux ou trois fois un démenti public à ces faussaires, et à lafin je m’en suis lassé , en priant ceux qui les liraient à l’avenirde les regarder comme des imposteurs.

.11 se peut qu’on ait fait courir dans le public quelquesphrases tronquées et intjdèles de ces lettres ; c’est ce que j’ignore ;mais votre majesté peut se rappeler qu’à l’occasion de quelques