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Tome cinquième.
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3 9 6 CORRESPONDANCE

phrases qu’on fit courir ainsi il y a quelques années , elle soup-çonna qu’elles étaient répandues par ceux qui de Berlin à Parisouvrent, comme l’on sait, toutes les lettres aux postes. Elle mefit l’honneur de me le mander, et si le fait dont elle se plaintest vrai, il se pourrait qu’il eût la même cause.

Soyez donc persuadé , sire , que s’il a couru, par ma faute oupar mon zèle, quelques extraits des lettres de votre majesté,ce ne sont que des extraits qui ne peuvent blesser personne ,et dont l’effet unique a été de faire chérir et respecter votremajesté par ceux qui ne connaissaient en elle que le roi, et quine connaissaient pas l’homme et le sage.

Platon n’avait garde de publier les lettres du tyran Denys ;elles ne ressemblaient pas à celles du philosophe Frédéric.Aristote nous a transmis une lettre de Philippe, père d’A-lexandre ; et cette lettre honore plus la mémoire de Philippeque toutes ses victoires sur les Athéniens.

Telle est, sire, je vous le répète, l’exacte et pure vérité.Puisse-t-elle convaincre et toucher votre majesté, et me rendreses bontés, que je ne mérite pas d’avoir perdues ! Dans la tristesituation où je suis , dans la douleur des pertes que j’ai faites , etqui n’est point affaiblie, il ne me manquerait plus que ce mal-heur. Je n’aurais pas, sire, le courage d’y survivre ; et vous n’aurezpas celui d’aggraver si profondément mes maux.

Je suis avec la plus grande désolation, et la vénération laplus tendre, etc.

Paris , 3 o janvier 1778. ^

iSire, votre majesté persiste à me croire coupable malgré monapologie. Je la supplie de me permettre encore quelques motspour ma justification. Jamais, sire, non , jamais je 11’ai souffertqu’on prît de copies dans les lettres que votre majesté in’a faitl’honneur de m’écrire , que des réflexions si philosophiques parlesquelles elle a bien voulu chercher à soulager ma douleuraprès la perte que j’avais faite ; ces réflexions m’ont paru le plusexcellent abrégé de morale pour un philosophe affligé, et leplus propre à augmenter, comme elles ont fait, le nombre desadmirateurs de votre majesté ; ce motif de ma part est si hon-nête , et le succès y a si généralement répondu , que malgré lemécontentement de votre majesté, il m’est impossible de 111’enrepentir ; sans compter que je me suis borné à donner à un oudeux amis les copies dont il est question , et qu’assurément je neles aurais pas données à l’imprimeur sans la permission de votremajesté. Sur toutes les autres choses, sire, que peuvent renfermer