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Tome cinquième.
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438 CORRESPONDANCE

littérature allemande pour juger par moi-même si lesreprocliesquelui fait votre majesté sont aussi bien fondés qu’ils le paraissent;mais je m’en rapporte sans peine au jugement éclairé de votremajesté sur cet objet inconnu pour moi. La manière si juste etsi vraie dont elle apprécie nos littérateurs français me persuadequ’elle apprécie avec la même justice et justesse les littérateursde son pays : et- les vues qu’elle propose pour remédier audéfaut dont elle se plaint, me paraissent les plus saines et lesplus utiles qu’il est possible. On dit pourquoi les Allemands seplaignent d’avoir été jugés avec trop de rigueur ; cela me paraîtassez naturel, mais ne prouve pas encore qu’ils aient raison. Jen’ai trouvé , sire, dans tout cet excellent ouvrage , qu’un seulendroit qui peut donner une légère prise à la critique ; encoreserait-elle, à certains égards, très-mal fondée. Votre majestédit àMa page 36 : •< Nous prendrons des Latins le Manuel d’E-pictete et les Pensées de Marc-Aur'elc. » Sans doute elle n’avoulu parler que de ces deux ouvrages traduits, et qui ont^Tailleurs été écrits dans Rome, ce qui les fait en quelque ma-nière appartenir aux Latins ; car votre majesté n’ignore pasd’ailleurs que les originaux de ces deux ouvrages sont en grec.11 serait bon qu’à une seconde édition votre majesté s’expliquâtd’une manière plus précise sur cet objet, pour éviter touteéquivoque et ôter aux journalistes allemands tout prétexte dedire là-dessus , à leur ordinaire , quelques lourdes sottises.

En voilà assez, sire , sur les Allemands, malgré l’honneur qu’ilsont de vous avoir pour compatriote et pour souverain. Je mebâte de parler à votre majesté d’un autre objet, non moins digned’éloges peut-être que son excellent ouvrage ; c’est l’éloquence ,le bon goût, la noblesse de l’éloge qu’elle fait de l’impératrice-reine , dans la dernière lettre qu’elle m’a fait l'honneur de m’é-crire. Je l’ai lue à tout ce que je connais, et tout ce que je connaisl’a admirée comme moi. Tous s’écrient qu’on ne peut faire decette princesse une plus belle oraison funèbre , qu’on devraitmettre ce peu de mots sur sa tombe : « Ci-gît Marie Thérèse ,» impératrice-reinedellongrie et de Bohême. Legrand Frédéric,» son contemporain, a dit d’elle : Elle a fait honneur au trône et» à son sexe ; je lui ai fait la guerre , et je n’ai jamais été son» ennemi. » Nous avons eu le 2.5 janvier dernier à l’AcadémieFrançaise une séance publique pour la réception de deux nou-veaux académiciens. M. l’abbé Delille , qui les recevait, et quia dit un mot dans son discours sur l’impératrice-reine, a ajoutéqu’il ne pouvait la louer avec plus d’éloquence que votre majesté;il a rapporté vos paroles , et toute la salle a retenti d’applaudis-semcns. J’ai eu plus d’une fois occasion , dans les lectures que