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Tome cinquième.
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AVEC LE ROI DE PRUSSE. 43ç>

j’ai faites à cette compagnie assemblée , d’exprimer mes sentimenspour votre majesté, de parler de sa gloire et de ses ouvrages, et lepublic a toujours fait chorus ; car ce public , sire , a pour vousla vénération que vous méritez comme guerrier et comme roi,et l’admiration que vous méritez encore comme écrivain etcomme philosophe.

On me mande , sire, qu’il y a actuellement à Berlin un jeunesavant, nommé M. Mayer, qui vient de publier en allemandune excellente Histoire de la Suisse, que cette histoire a ététraduite en français , qu’elle est pleine de philosophie et de véri-tés courageuses , que l’auteur est en état d’écrire en français,qu’il désirerait se fixer dans les Etats de votre majesté , et quel’académie ferait en lui une excellente acquisition, si votremajesté jugeait à propos de l’y attacher, en le fixant d’abordpar une modique pension de /joo écus , dont il se contenteraitjusqu’à ce qu’il eût mérité par son travail d’obtenir une plusforte récompense. Votre majesté pourrait prendre des informa-tions au sujet de cet homme de lettres ; et comme je m’intéresseau bien de son académie , je prends la liberté de demander àvotre majesté ses bontés pour M. Mayer , en cas qu’après lesinformations elle le juge digne de les obtenir.

Il ne me reste d’espace, sire, que pour renouveler à votremajesté les vœux ardens que je ne cesse de faire pour son bon-heur, pour l’accroissement de sa gloire, si cet accroissementest possible , pour sa santé , son repos et sa conservation. Onm’écrit que votre majesté se porte mieux que jamais , et je ré-ponds avec cet ancien : Les dieux sont donc quelquefois justes !

Je suis avec la plus tendre vénération, etc.

Paris, 3 o mars 1781.

S IR F., la dernière lettre que votre majesté m’a fait l’honneur dem’écrire m’a laissé des inquiétudes pour vous , sur le présent etsur l’avenir. Quelqu’un qui avait eu l’honneur de voir assezlong-temps votre majesté, m’avait écrit qu’il ne l’avait jamaistrouvée si bien portante. Je me suis empressé de l’en féliciter,et dans le temps que je me réjouissais avec tous mes amis decette bonne nouvelle, votre majesté en était au troisième accèsviolent de goutte, dont elle a été attaquée cet hiver. Quoiqu’elleait la bonté de m’apprendre qu’elle en est à présent délivrée,je crains , sire , une nouvelle rechute , ce long et maudit hivern’étant pas encore fini, à beaucoup près , surtout à cinq degrésplus nord que Paris , où nous nous chauffons encore. Plus je suis