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Tome II.
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JACQUELINE PASCAL.

fait de la mâle vigueur du temps de Richelieu ; c’en estfait de la libre allure de la Fronde; Louis XIV a misà l’ordre du jour la politesse, la dignité tempérée parle bon goût. Heureux les génies qui auront été trempésdans la vigueur et dans la liberté de l’âge précédent,et qui auront assez vécu pour recevoir leur dernièreperfection des mains de la politesse nouvelle! C’est leprivilège de M me de Sévigné, comme de Molière et deBossuet. M rae de Sévigné serait la reine de cette galerie.Il y aurait une place aussi pour M me de Grignan, et àcause de sa mère, et à cause d e son père Descartes, et pourelle-même qui joignait à une âme noble, plus hardie quecelle de la prudente marquise, une raison libre et ferme ,un esprit original et un style accompli dans sa sobre gra-vité. Il serait bien difficile de 11e pas admettre M' nc deRambouillet et la fameuse Julie. Je ne vois guère le moyende séparer M lle Paulet de Voiture 1 et la duchesse de Ma-zarin, la brillante et folle Hortense, de son vieux cavalierservant, Saint-Evremond.

Voyez comme déjà le siècle en avançant décline; maisqu’il est beau encore avec M lle de La Vallière, devenueLouise de la Miséricorde! Nous en pourrions donner plusd’une lettre inédite où se révèle une âme charmante. Sonheureuse et superbe rivale, M me de Montespan, figureraitavec sa docte sœur, M me de Rochechouart, abbesse deFontevraull, qui traduisait le Banquet, y compris le dis-cours d’Alcibiade 2 , et avec sa nièce, la spirituelle et bellemarquise de Castries, que Huet surprit un jour lisant encachette le Criton 3 . Nous emprunterions à M. Sainte-Beuve

' Sur M lle Paulet, voyez les Mémoires, il est vrai souvent men-teurs, de Tallemant des Réaux.

’ Voyez l’édition de Racine de M. Aimé Martin, tom. V, p. 97.

’ Huet, Comment., etc., p, 381.