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JACQUELINE PASCAL.
disant à Dieu, avec J.-C. : .Mon Père, s’il est possible,c’est-à-dire, si c’est pour votre gloire, et y ajoutant pour- ;tant toujours : votre volonté soit faite, afin qu’il plaise àDieu d’envoyer sa lumière dans les cœurs plutôt que dans ;les esprits. Ça été le sujet d’une grande partie de mes <prières depuis quelque temps, j’entends de ces prièresqui ne sont qu’un désir du cœur, comme dit M. de Saint-Cyran. Je t l en prie derechef, car j’affectionne cela infi-niment, et pour Dieu seul, ce me semble, c’est-à-dire,afin qu’il ne se fasse ou pense rien contre son ordre. Si jete voyois, je te dirois tout cela avec joye de pouvoir ouvrirmon cœur; Dieu ne veut pas que j’aye cette consolation :qu’il en soit béni ! Je tâcherai de ne le pas vouloir aussi,tant qu’il ne le voudra pas. Les chrétiens ont cet avanta-tage, que s’il leur est défendu de s’abandonner aux plai-sirs du inonde, il leur est aussi défendu de s’attrister desmalheurs qui y arrivent, et même il-leur est commandéde s’en réjouir; et comme les uns sont sans difficulté plusfréquents que les autres, leur joye est bien plus conti-nuelle; aussi N. S. J.-C. dit que personne ne la leurpourra ôter; et, en effet, il faut dire comme l’apôtre ditsur un autre sujet : Qui pourra affliger celui à qui tousles maux tiennent lieu de joyes?
Quand je m’aperçois qu’il semble que je te veuille ins-truire, ce qu’à Dieu ne plaise que j’entreprenne ainsi sansraison ny mission, il me souvient d’avoir ouy dire unbeau mot à M. Singlin, que lorsque nous prions Dieu cen’est pas pour le faire ressouvenir de nos besoins qu’il saittous, comme dit J.-C., mais pour nous en souvenir nous-mêmes; je te dis la même chose une fois pour toutes,afin que cela te demeure dans l’esprit. Prie Dieu pourmoy, mais tout de bon ; rends-lui aussi grâce pour tous, |et pour mon frère quelques prières et quelques actions de |