ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. II. 1646 A 1652. 83
grâces particulières. Je te mande tout ce qui me vient à lapensée. Encore un coup, prie Dieu pour moy, j’en ai be-soin ; prie-le qu’il passe l’éponge pour ainsi dire sur toutle tems que j’ay perdu et les occasions que j’ay négligéeset les conjonctures favorables que j’ay refusées ; elles sontsans nombre; prie-le qu’il ait agréable l’obéissance que jerends, en me procurant à moi-même des biens qui sontinfinis et dont je suis indigne, etc.
AUTRE LETTRE A LA MÊME.
Ce 1 er avril 1648.
Nous ne savons 1 si celle-cy sera sans lin aussi bienque les autres 2 , mais nous savons bien que nous vou-drions bien écrire sanç fin. Nous avons icy la lettre deM. de Sainl-Cyran, de la Vocation, imprimée depuis peusans approbation ni privilège, ce qui a choqué beaucoupde monde. Nous la lisons; nous te l’envoyerons après;nous serons bien aise d’en avoir ton sentiment et celui deM. mon père : elle est fort relevée.
Nous avons plusieurs fois commencé à t’écrire, maisj’en ay été retenu par l’exemple et par les discours, ou,si tu veux, par les rebufades que tu sçais 3 ; mais après
1 Le Rec. de M. Périer, p. 359, dit que cette lettre a été copiéesur l’original de la main de mademoiselle Jacqueline Pascal. Elleest évidemment écrite par celle-ci en son nom et au nom de sonfrère. 11 est aisé en effet d’y retrouver plus d'une idée de Pascalsous la plume de Jacqueline. C’est pourquoi nous l’avons aussi im-primée parmi les lettres de Pascal, t. 1 er , p. 408.
* Ceci prouverait que nous ne possédons pas toute la correspon-dance du frère et des deux sœurs.
3 Sur ces rebufades, voyez plus haut, p. 33.