ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. II. 1646 A 1652. 9l
dans un embarras d’esprit qui ne se peut dire ; mais, aprèseette épreuve, je pourrai presque avec certitude vous assurerde l’un et de l’autre, et attendre avec patience le temps quevous m’ordonnerez.
Ma pensée étoit de demeurer dans ce lieu là, au casque vous le trouvassiez bon, jusqu’à ce que vous fussiezprès de retourner à Rouen; néanmoins, si vous voulezabsolument que je retourne avant ce temps là, je n’ai pasà faire de vous assurer que je le ferai bien, car je sçais bienque vous n’en doutez pas; aussi ne manqueray-je pas àj vous obéir promptement.
Voilà, monsieur mon père, la très-humble prière quej’avois à vous faire; je ne doute pas que vous ne me l’ac-cordiez; mais je vous prie de prendre la peine de m’yfaire faire réponse le plutôt que vous le pourrez par masœur ou par quelque autre, car je crains que les remèdesvous empêchent de vous donner la peine de la faire parvous-même. Considérez, s’il vous plaît, que je n’ai quece seul temps-là pour faire cette retraite si utile et mêmesi nécessaire pour moy, principalement à cause des cir-constances qui s’y rencontrent. C’est pourquoi je vousconjure, si j’ai jamais été assez heureuse pour vous sa-tisfaire en quelque chose, de m’accorder promptementce que je vous demande. Ces religieuses ont eu assez debonté pour me l’accorder de leur part. M. Périer, monfrère et ma fidèle l’approuvent et en sont contents pourvuque vous y consentiez; si bien qu’il ne dépend que devous seul. J’ai pris la hardiesse de vous prier de peu dechoses en ma vie; je vous supplie, autant que je le puis,et avec tout le respect possible, de ne me point refusercelle-cy, et surtout deme me point laisser sans réponse, sice n’est que ces petites retraites étant, comme j’ai dit, deschoses fort ordinaires, vous les jugiez si peu importantes