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Tome II.
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ÉCRITS ET LETTRES l»E JACQUELINE. III. 1652 A 1661 . 185

qu’à nous, pourquov nous opposerions-nous à son bon-heur? .Te n’en vois point d’autre dans le monde qu’uneentière retraite et un abandon général de toutes chosespour servir Dieu seul ; mais celui-là même n’est rien encomparaison de le posséder avec une entière plénitude etune assurance certaine de ne le perdre jamais. Étouffonsdonc autant qu’il nous sera possible tous les sentimens dela nature qui s’opposent trop fortement à ceux que la foiet la charité nous doivent donner sur ce sujet; et puisquetous nos efforts et nos souhaits seront inutiles contre ledécret de Dieu, faisons de bon cœur ce tpi’il est néces-saire que nous fassions, s’il l’a résolu.

Dieu sait que j’aime plus ma sœur sans comparaisonque je ne faisois lorsque nous étions toutes deux dumonde, quoiqu’il me semblât 1 en ce temps-là qu’on nepouvoit rien ajouter à l’affection que j’avois pour elle ;mais, au lieu qu’en ce temps-là elle se tournoit toute ausoin et au désir que j’avois de sa vie, qui m’a toujours étécomme à présent plus chère que la mienne propre, je nepense à cette heure sur toutes choses qu’à son salut. C’estpourquoi, quelque violente que soit ma douleur et lacrainte et l’émotion où je suis à toute heure qu’on mevienne porter celte nouvelle, qui fait que, dès qu’on meregarde pour me parler, il me prend un tremblement telque je ne puis me soutenir; néanmoins, quand je rentreen moi-même et que je considère la misère et les périlsde cette vie, surtout pour une personne engagée dans lemonde, je ne puis m’empêcher de m’accuser de m’aimerplus qu’elle, en désirant ce qui m’est utile et non pas àelle ; et tout ce que je demande à Dieu de tout mon cœuret à quoy tendent surtout toutes mes prières, c’est qu’il

Le inanusc. : parce qu'il me sembloit.