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jeune qu’ils ne sont, et dans des circonstances pluslâcheuses que celles qui suivraient cette perte, et quenéanmoins il ne nous a point abandonnés, mais qu’il adaigné témoigner en notre personne qu’il est le père desorphelins et le consolateur des affligés, j’ay cru qu’il nefalloit point s’opposer à ses ordres, mais que nous devionsnous jeter entre ses bras avec tout ce qui nous tient leplus à cœur.
Vos enfans sont à lui plus qu’à nous; ne craignons pasqu’il les abandonne tant que nous les remettrons entreses mains. Et pour vous, je crois certainement que siDieu vous prive d’une si grande consolation, c’est pourvous attirer tout à lui; car encore que votre union soittoute légitime et toute sainte, néanmoins il y a quelquechose de plus parfait; et possible, Dieu eonnoissant parsa sagesse divine que vous n’eussiez pas été disposé à écou-ter l’inspiration qu’il vous aurait pu donner d’aspirer à unétat si pur et de vous résoudre à prévenir par un divorcesaint et tout volontaire cette dure séparation qui est iné-vitable tost ou tard, il veut vous témoigner que les préten-dus obstacles que l’amour-propre suggère en ces occasionssont levés en un moment quand il lui plaît, et que, lors-qu’il le veut, il faut faire par nécessité ce qu’on n’a pufaire volontairement. C’est une pensée que m’a donné lebonheur de ma condition, qui me semblera imparfaite tantque ceux que j’aime, comme mon frère et vous deux, nele connoîtront pas assez et n’y participeront point, il esttel que je ne puis m’empêcher de vous dire que je ne puisfaire aucun autre souhait pour qui que ce soit, si ce n’estqu’il plaise à Dieu les mettre dans un plus parfait repos etune plus pleine assurance en les attirant à lui qui est laseule lin où l'on tend dans tout ce que l’on fait. S’il luiplaît de faire (‘elle miséricorde à ma chère sœur plustosl