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Tome II.
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ÉCRITS ET LETTRES RE JACQUELINE. III. 1652 A 1661. 191

connoissois plus, et je crois que vous en ferez autant quemoy si Dieu continue son ouvrage, et particulièrement enl’humilité, en la soumission, en la défiance, au mépris desoy-même et au désir d’être anéanti dans l’estime et lamémoire des hommes. Voilà ce qu’il est à cette heure : iln’y a que Dieu qui sache ce qu’il sera un jour.

Enfin après hien des visites et des combats qu’il eut àrendre avec luy-même 1 sur la difficulté de choisir un guide,car il ne doutoit point qu’il ne lui en fallût un, et quoy queceluy qu’il lui falloit fût tout trouvé et qu’il ne pût penser àd’autres, néanmoins la défiance qu’il avoit de luy-mêmefaisoit qu’il craignoit de se tromper par trop d’affection,non pas dans les qualités de la personne, mais sur la voca-tion dont il ne voyoit pas de marques certaines, n’étantpas son pasteur naturel. Je vis clairement que ce n’étoitqu’un reste d’indépendance caché dans le fond du cœurqui faisoit arme de tout pour éviter un assujétissement quine pouvoit être que parfait dans les dispositions où il étoit.Je ne voulus pas néanmoins faire aucune avance en cela;je me contentai seulement de lui dire que je croyois qu’ilfalloit faire pour le médecin de l’âme comme pour celuidu corps, choisir le meilleur; qu’il est vray que l’évêqueest notre directeur naturel, mais qu’il n’étoit pas possibleà celui de Paris de l’être de tous ses diocésains, ny mêmeaux curés, ny même aux prêtres des paroisses, quandils seraient capables de l’être de quelqu’un, et qu’unepersonne sans établissement comme lui pourrait s’allerloger dans telle paroisse qu’il lui plairait, et se rendrailaussi bien maître dans le choix de son directeur en pre-nant son curé, comme en choisissant un prêtre approuvéde son évêque; que lorsque M. de Genève avoit conseillé

' L’imprimé : soutenir en lui-même. Le manusc. : rendre à lin-même.