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Tome II.
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ÉCfUTS ET LETTRES PE JACQUELÎNE. HI. 1652 A1661. 211

manière dont il les falloit conduire, ce que je ne jugeoispas pouvoir entreprendre sans une très-grande témérité,ayant si peu de lumière pour un emploi si difficile. Carje vous puis assurer qu’il n’y a que la seule obéissance quisoit capable de m’y faire faire la moindre chose, et que sije n’y gâte pas tout, cela se peut attribuer à l’efficace desparoles de notre mère qui me dit, en m’en donnant lesoin, que je ne me misse en peine de rien et que Dieuseul ferait tout : ce qui appaisa tellement le trouble danslequel mon impuissance m’avoit mise que je demeurai■ pleine de confiance et avec un aussi grand repos que siI Dieu même m’avoit fait cette promesse; et j’avoue à maconfusion que, quand je me regarde moi-même et que!' j’entre dans le découragement, comme vous savez (pie jefais assez souvent, ces seules paroles, Dieu fera tout, pro-noncées avec confiance, rendent la paix à mon âme. Maisce qui m’a ôté de peine, c’est que vous m’avez dit depuis(pie vous ne me demandiez pas que j’écrivisse comme il, les falloit conduire, mais seulement comme je les coudui-: sois, afin de remarquer les fautes que j’y commets, quine détruisent pas seulement ce que Dieu y fait par moi,

; mais apportent même de grands obstacles aux grâces qu’ilmet dans ces âmes.

’< Pour garder donc quelque ordre dans cette reddition de| compte, je commencerai premièrement à vous dire com-| ment j’ai distribué les heures de la journée, et en secondlieu ce que je fais pour leur conduite spirituelle et cor-porelle.