JACQUELINE PASCAL.
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accoutumées, elles ne laissent pas de se divertir fort gaye-ment.
3. On instruit les enfans à ne pas rendre leur travailinutile, mais à l’offrir à Dieu, le faisant pour son amour.On leur donne des sujets pour se tenir en la présence deDieu selon les temps et les fêtes ; et de temps en temps,quand la maîtresse est avec elles, elle leur dit quelqueparole de Dieivpour leur fortifier l’esprit, et les empêcherde penser à toutes sortes d’inutilités et de distractions. Onprend garde néanmoins d’éviter l’excès, et de ne pas vou-loir les rendre trop spirituelles, étant si jeunes, de craintede deux incouvéniens ; l’un qu’elles se peinent trop, et nese fatiguent l’esprit et l’imagination, au lieu d’unir leurcœur à Dieu ; l’autre qu’elles ne se découragent en voyantqu’elles ne pourraient atteindre à la perfection que l’onleur demanderait.
4. On lâche d’accoutumer les enfants à se mortifier, età ne point suivre leurs inclinations, en s’attachant plutôtà un ouvrage qu’à un autre. C’est pourquoi on leur repré-sente (pie le travail qu’elles font plaira d’autant plus àDieu qu’il leur plaira moins, et qu’ainsi elles doivent faireavec plus de diligence et avec plus de gaieté celui quileur déplaît davantage, et s’accoutumer à travailler avecun esprit de pénitence. On ne laisse pas néanmoins d’enavoir pitié, et de s’accommoder à elles le plus que l’onpeut, mais sans qu’elles connoissent qu’on a cette condes-cendance.
5. Elles ne doivent point travailler deux ensemble, sice n’est en cas de nécessité, et alors on en choisit une quisoit fort bonne avec une plus imparfaite, afin que le fortsupporte le foible.
6. On les exhorte à n’être point trop attachées à leurouvrage, le quittant aussitôt que la cloche sonne, soit