252 JACQUELINE PASCAL.
souhaiter d’eu avoir deux qui fussent portées d’un mêmezèle et d’un même esprit pour les enfans, et qui le plussouvent fussent ensemble dans la chambre, en présencemême de la première maîtresse, afin que voyant le respectavec lequel les enfans se tiennent devant elles, elles ayentdroit l’une et l’autre de leur demander en son absence lemême respect que celui qu’elles ont en sa présence.
6. Nous devons faire ensorte que les enfans remarquentun grand rapport et une parfaite union et confiance avecla sœur qui nous est donnée pour compagne. C’est pour-quoi il ne la faut point dédire de ce qu’elle aura fait ouordonné, quand ce qu’elle auroit ordonné ne serait pasbien, afin que les enfans ne remarquent jamais aucunecontrariété, mais se réserver à l’eu avertir dans le parti-culier. Car il est important et presque nécessaire pourbien conduire les enfans que la sœur qui est donnée pouraide soit en disposition de trouver bon tout ce qu’on luidit. Que si cela n’étoit pas, il en faudrait avertir la supé-rieure. Que si ce qu’elle auroit de contraire à nous cbo-quoit seulement notre humeur et ne faisoit point de tortaux enfans, il faudrait demander à Dieu la grâce de nousréjouir de ce que nous aurions une occasion d’être contra-riées.
7. Il faut prier beaucoup Dieu qu’il donne aux enfansun grand respect pour les sœurs qui sont avec nous. Nousdevons aussi leur donner une grande autorité, mais par-ticulièrement à celle qui y est après nous. C’est pourquoiil est bon de témoigner aux enfans , et même leur diredans les occasions, qu’elle a- grande charité pour elles,qu’elle les aime, et que c’est nous qui l’obligeons de nousrendre compte de tout ce qui se passe à la chambre. Luidire à elle-même devant les enfans qu’elle est obligée pardevoir et par charité de nous dire non seulement toutes