Band 
Tome II.
Seite
257
JPEG-Download
 

ÉCRITS ET LETTRES I)E JACQUELINE. III. 1652 A 1661. 257

aime, et que ce n’est que pour les accompagner qu’on estavec elles. Cela fait qu’elle aiment celte veillequ’elles ne la craignent.

19. Pour les petites enfans, il faut encore plus quetoutes les autres les accoutumer et nourrir, s’il se peut,comme de petites colombes. 11 leur faut dire peu de paro-les quand elles ont fait une faute notable et qui méritechâtiment : mais quand on en est parfaitement assuré, illes faut châtier sans leur dire une seule parole, ni pour-quoi on les châtie, qu’après l’avoir fait. Encore est-il bonde leur demander, avant que de leur rien dire , si elles nesavent pas pourquoi elles ont été châtiées. Car d’ordinaireelles ne manquent pas de l’avoir reconnu. Ce châtimentfait promptement et sans paroles, les empêche de faire desmensonges pour trouver des excuses sur leurs fautes, àquoi les petites enfans sont fort sujettes ; et je trouvequ’elles se corrigent bien mieux de leurs défauts, parcequ’elles craignent toujours d’être surprises.

20. Je crois aussi que dans tous les autres défauts pluslégers, on les doit peu avertir; car insensiblement elless’accoutument à toujours entendre parler. C’est pourquoide trois ou quatre fautes l’une, il ne faut pas faire sem-blant de les voir ; mais après les avoir considérées quelquetemps, il faut les surprendre, et leur en faire faire satis-faction tout sur l’heure. Cela les corrige bien plus quebeaucoup de paroles.

21. Quand il y en a de petites entièrement obstinéeset rebelles, il faut trois ou quatre fois les obliger auxmêmes petites satisfactions. Cela les dompte entièrement,quand elles voyent qu’on ne se lasse pas. Mais quand onle fait un jour, et qu’on leur pardonne l’autre, ou qu’onles néglige, cela ne fait aucune impression sur leur esprit,et il se trouve qu’il faut en venir à des moyens plus forts