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Tome II.
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ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. III. 1652 A 1661 . 291

entroit dans sa gorge par cette ouverture; et, en effet, ilen lira de toute espèce avec sa spatule, ce qui faisoit qu’onne lui pressoit plus son œil sans horreur, parce qu’on sa-voit qu’il en couloit autant dans la gorge qu’il en sortoilpar l’œil. Outre tout cela, il sortoit une très-mauvaisesenteur de son œil et de son nez. Voilà ce qu’il avoit vuil y a environ deux mois, et qui lui fit conclure qu’il nefalloit pas différer à y mettre le feu ce printemps, parceque cet os percé ne feroit que se pourrir de plus en plus,et pouvoit avoir de si mauvaises suites qu’on n’osoit quasime les dire, comme de lui faire tomber le nez et pourrirla moitié du visage. Il ne désespéroit pas néanmoins de laguérir par le moyen du feu, mais il n’en assuroit pointaussi, et assuroit qu’il était impossible qu’aucun autre re-mède humain le pût faire. Voilà l’état auquel il l’avoil vue ;à quoi il faut ajouter que tout cela étoit encore beaucoupaugmenté depuis ce temps-là, de sorte que sa maîtressem’a dit aujourd’hui que, quand elle la mena baiser lasainte relique, elle n’avoit nulle pensée de son œil, maisqu’elle s’en avisa en la voyant approcher, à cause de l’hor-reur qu’il lui lit, tant il étoit mal, et que la douleur qu’onlui faisoit en la peignant étoit si grande qu’elle lui faisoitbeaucoup pleurer les yeux malgré elle.

Ce matin donc, M. D’Alançai étant venu, on la lui aprésentée sans rien dire. Il s’est mis à la regarder de touscôtés sans rien dire; il lui a pressé l’œil; il a fait entrer saspatule dans le nez ; et à tout cela il étoit bien étonné de ne'trouver l ien du tout. On lui a demandé s’il ne se souve-noil pas du mal qu’il lui avoit vu ; il a répondu bien naï-vement : C’est ce que je cherche,, mais je 11e le trouveplus. Je l’ai prié de regarder dans la bouche ; il l’a fait, ily a porté sa spatule, et il y a si peu trouvé qu’il s’est misà rire et a dit ; Il n’y a rien du tout. Sur cela, ma sœur